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Travnik est une ville située dans le centre de la Bosnie. Elle fut le lieu de résidence de vizirs venus d’Istanbul et d’ambassadeurs français aux XVIIIe et XIXe siècle, quand la région faisait encore partie de l’Empire Ottoman. Ivo Andrić en a tiré un long et magnifique roman intitulé La Chronique de Travnik. J’y suis allé plusieurs fois, mais c’est mon dernier séjour là-bas, en 2024, qui m’a inspiré ce morceau.
Travnik n’est pour l’instant disponible que sur Soundcloud, mais il sera bientôt sur la plupart des plateformes de streaming, je referai probablement un article pour donner les liens. C’est aussi le premier extrait du futur album qui sortira en CD et sur Bandcamp dans le courant de l’année.
Travnik – 2024
Dans la Time Machine à Travnik
Ses ruelles étroites, ses maisons perchées
La cité médiévale et cet unique
Adhan s’échappant des mille mosquées
Je marche lentement, erre au hasard
Devise sur les tombes des vizirs
Retourne me perdre dans le vieux bazar
Flâne au grès des plaisirs
Dans le blues de la ville
Celle où Daville et Desfosses
Errent encore perdus
Dans un trou noir du cosmos
Leurs pensées vers ailleurs
Et le bruit de la rivière
Impossible de dormir
Insomnies routinières
Le silence de Travnik, ici personne ne sait plus
Si derrière ces montagnes, le monde existe encore
Le dernier vizir n’a pas honoré sa venue
Et la ville se croit encore suspendue à son sort
Dans de longues journées qui en valent dix
Quand les gens s’agitent dans le murmure de la Lašva
Le chant du muezzin brise le silence et se hisse
Aux sommets des monts Vlašić et Vilenica
La cité ronronne,
La rumeur s’élève
À peine
Alors que le soleil se lève
Dans quelques heures pourtant
Il écrasera tout
Comme dans un après-midi d’été
Andalou
Le temps s’écroule lentement
Roule sur les visages fermés de tous ces gens
Marqués par les éléments, accrochés à leur terre
À leur pierre, à leur cimetière
Elle a épuisé des vizirs
Des consuls, représentants des plus grands empires
Qui se noyaient dans leur mélancolie le soir
Entre les deux montagnes noires
Tant de héros insoupçonnés dont j’entends les récits
La grande comme la petite histoire sont passées ici aussi
J’ai l’impression qu’on m’épie, parano dans les rues vides
Pas loin d’ici, certains creusent pour trouver des pyramides
J’avance et prends des rides dans les odeurs de café
Le doute et la rakija troublent et brouillent mes pensées
Le bus n’est pas passé, je ne sors plus de la chronique
Est-il seulement possible de quitter Travnik ?
Dans la nuit déserte
Balade somnambulique
Errant dans l’amphithéâtre
Des montagnes magiques
Travnik dort
Dans les murmures de la rivière
La rumeur de la pluie se perd
Dans le silence des cimetières
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