• D’Angelo & The Vanguard: Live at North Sea Jazz Festival

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    Michael Eugene Archer, alias D’Angelo, nous a quitté le mardi 14 octobre 2025. Il avait été une éphémère superstar du R&B au tournant du XXIe siècle, notamment grâce à son deuxième album, Voodoo, sorti en 2000. Il représentait, avec entre autres Erykah Badu et Meshell Ndegeocello, un courant que l’on a appelé la Nu Soul (ou Neo Soul), très influencé par la soul et le funk des origines et assez éloigné du R&B commercial et stéréotypé de la fin du millénaire…

    Si le premier album de D’Angelo, Brown Sugar, sorti en 1995, lui avait déjà valu un certain succès, ce sont les quelques singles et clips issus de son second disque, Voodoo, qui font de une icône et une star internationale. Mais l’artiste, mal à l’aise avec cette soudaine renommée et les contraintes qui vont avec, plonge dans les excès en tous genres puis disparait presque totalement des radars pendant de longues années, ne réapparaissant que pour quelques collaborations et concerts extrêmement rares. Il ressurgit en 2014 avec un troisième album aussi inattendu qu’exceptionnel, Black Messiah, acclamé tant par la critique que par la public. On aurait pu croire, après ça, qu’il était de retour pour de bon et que l’on n’aurait pas à attendre encore 14 ans pour un nouvel album. Mais le bonhomme avait un problème avec la célébrité et les obligations des maisons des disques. Passée la tournée pour la sortie de l’album en 2015, il se fait de plus en plus rare et ne sort, en 11 ans, que deux nouvelles chansons sur des bandes originales. Il meurt en 2025, à seulement 51 ans, d’un cancer du pancréas alors que, nous dit-on, il travaillait sur un nouveau disque. Son quatrième album solo donc, seulement, en plus de 30 ans de carrière. On espère que l’on pourra l’entendre un jour…

    En attendant, voici l’intégralité de l’un de ses concerts donné lors de la tournée pour la sortie de l’album Black Messiah, le 10 juillet 2015 à Rotterdam, au North Sea Jazz Festival.

    00:00 – Intro/Ain’t That Easy
    08:18 – Vanguard Theme
    12:39 – Betray My Heart
    18:15 – Spanish Joint
    23:50 – Really Love Intro
    26:09 – Really Love
    33:22 – The Charade
    42:18 – Brown Sugar
    51:05 – Sugah Daddy

    Line up : D’Angelo (voix, guitares, claviers) ; Jermaine Holmes, Joi Gilliam, Red Middleton (chœurs, voix) ; Keyon Harrold (trompette) ; Isaiah Sharkey, Jesse Johnson (guitares) ; Cleo Sample (claviers) ; Kenneth Whalum (saxophone, claviers) ; Pino Palladino (basse) ; Chris Dave (batterie).

    RIP D’Angelo!

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  • Bruce Springsteen: Streets of Minneapolis

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    Réagissant aux meurtres de l’ICE, l’ultra-violente police de l’immigration déployée par Donald Trump à travers les États-Unis, Bruce Springsteen renoue avec la tradition de la protest song et enregistre, trois jours après l’exécution d’Alex Pretti, Streets of Minneapolis, au titre bien sûr calqué sur son mythique Streets of Philadelphia. Si Springsteen s’était plusieurs fois prononcé (en mal !) sur Trump, je ne l’aurais jamais imaginé sortir une pareille chanson, complétement ancrée dans l’actualité, citant autant les noms des victimes que ceux des bourreaux, à la manière de Hurricane ou The Lonesome Death of Hattie Carroll de Bob Dylan, deux titres datant des années 1960-1970.

    Enregistré le 27 janvier 2026 au Stone Hill Studio, à Colts Neck, dans le New Jersey (voir le film Springsteen: Deliver Me From Nowhere pour en savoir plus sur ce lieu) et publié dès le lendemain sur Youtube, le morceau atteint les deux millions de vues en moins de 24 heures. Deux jours seulement après sa publication, le 30 janvier 2026, sur l’invitation de Tom Morello (de Rage Against The Machine), avec qui il avait collaboré sur son album High Hopes, Bruce Springsteen joue ce morceau pour la première fois lors du concert caritatif Defend Minnesota, au First Avenue, à Minneapolis. Il jouera au total trois morceaux ce soir-là, dans une petite salle de moins de 2000 places, lui qui a plutôt l’habitude de remplir des stades ! Voici le set complet du Boss (Streets of Minneapolis en solo, The Ghost of Tom Joad avec Tom Morello, et Power to the People de John Lennon en collectif), suivi du clip de Streets of Minneapolis et des paroles du morceau :

    Le clip de Streets of Minneapolis :

    Through the winter’s ice and cold
    Down Nicollet Avenue
    A city aflame fought fire and ice
    ‘Neath an occupier’s boots
    King Trump’s private army from the DHS
    Guns belted to their coats
    Came to Minneapolis to enforce the law
    Or so their story goes

    Against smoke and rubber bullets
    In the dawn’s early light
    Citizens stood for justice
    Their voices ringing through the night
    And there were bloody footprints
    Where mercy should have stood
    And two dead, left to die on snow-filled streets
    Alex Pretti and Renee Good

    Oh, our Minneapolis, I hear your voice
    Singing through the bloody mist
    We’ll take our stand for this land
    And the stranger in our midst
    Here in our home, they killed and roamed
    In the winter of ’26
    We’ll remember the names of those who died
    On the streets of Minneapolis

    Trump’s federal thugs beat up on
    His face and his chest
    Then we heard the gunshots
    And Alex Pretti lay in the snow dead
    Their claim was self-defense, sir
    Just don’t believe your eyes
    It’s our blood and bones
    And these whistles and phones
    Against Miller and Noem’s dirty lies

    Oh, our Minneapolis, I hear your voice
    Crying through the bloody mist
    We’ll remember the names of those who died
    On the streets of Minneapolis

    Now they say they’re here to uphold the law
    But they trample on our rights
    If your skin is black or brown, my friend
    You can be questioned or deported on sight
    In our chants of « ICE out now »
    Our city’s heart and soul persists
    Through broken glass and bloody tears
    On the streets of Minneapolis

    Oh, our Minneapolis, I hear your voice
    Singing through the bloody mist
    Here in our home, they killed and roamed
    In the winter of ’26
    We’ll take our stand for this land
    And the stranger in our midst
    We’ll remember the names of those who died
    On the streets of Minneapolis
    We’ll remember the names of those who died
    On the streets of Minneapolis

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  • Broken World – Zone 84

    (Sur un air de sevdah – part. 3)

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    Zone 84

    Voici la Zone 84, mon usine à la plage
    Canettes de bière, bouteilles, seringues et coquillages
    Machine sans âge, chiens errants devant l’usine
    Poursuivent les mouettes dans les vestiges et les ruines

    D’une ère passée, où l’industrie ramenait l’argent
    En témoignent la rivière polluée, le mercure, le plomb dedans
    Crasse des ans, héritage toxique
    Sous les ondulations dangereuses des fils électriques
    C’est pas l’Amérique, l’Eldorado
    À part les mouettes crasseuses, il ne reste plus un oiseau
    Et plus un gosse ne joue là où on jouait gamins
    Barrières et barbelés interdisent l’accès au terrain

    Là où rien ne va bien, là où chacun fait
    Ce qu’il peut pour survivre sans jamais être aidé
    Des bibles et des articles de charlatans sur les étals
    Et moi qui vends des cartes postales
    De la Zone 84…

    Les blockhaus sur la plage noire, les bâtiments inachevés
    Vestiges d’une station balnéaire qui n’a jamais existé
    Les terrasses de cafés vides en cette nuit de décembre
    Les flocons qui tombent comme des cendres
    Lassé sur la promenade du front de mer sinistre
    Sous les réverbères à la lumière blafarde
    Monotone et fade, toujours le même registre
    Comment y concilier mes émotions bâtardes

    Une usine désolée au bord d’une rivière
    Qui charrie des pneus qui s’enterrent dans la boue et prennent racine
    Je connais cette atmosphère comme si c’était chez moi
    Même les dessin animés de mon enfance ressemblaient à ça

    Des arêtes rongées par les chats dans les poubelles
    Je crois que c’est quand la ville était la plus sale qu’elle était la plus belle
    De vieilles balles de tennis déchiquetées par les chiens
    Et près de la benne à ordures tous les gamins du coin
    On grimpait sur les murs rouge brique, on y restait
    Comme cette photo d’ouvriers sur les gratte-ciels new-yorkais

    Gamins aux genoux écorchés, aux fringues de nos grands frères
    On était déjà démodés rien qu’en arrivant sur Terre
    On s’est servi là où on pouvait dans nos coins perdus
    Avec la sensation à dix piges à peine d’être les rois de la rue
    Sur les graviers, le goudron, l’herbe, le tapis
    De feuilles humides de la forêt du début de nos vies
    Dans la Zone 84…

    Zonant dans la Zone 84 au volant d’un vélo Mad Max
    Naviguant entre les tours de béton gris, relax
    De l’eau de machine coule sur le béton fissuré
    J’observe et m’interroge sur mon quartier déstructuré
    Quatre types aux mains pleines de cambouis passent
    Ça sent l’essence, plein de capots ouverts sur la place
    Le goudron semble fondre sous la chaleur
    D’un été brûlant et étouffant quelque soit l’heure

    Les lézards exsangues écrasent sur le bitume
    Dans le bistrot du coin ça picole et ça fume
    Dans les champs, des carcasses de deux-chevaux crevées
    Les mobylettes hurlent, les pots d’échappement percés

    Les grands hangars des chantiers rouillent sur la plage
    Dès qu’on sort de la gare, on fait face au grand large
    Quelques bandes de goudron à moitié ensablées
    Et de l’usine coule des liquides contaminés
    Cabanes en tôle où les vagues frappent à la porte
    Clochards sans complice, chiens errants sans escorte
    La vieille gitane tire les cartes dans sa caravane
    Et la tempête gronde sous les crânes

    Cafés en gobelets servis sur le trottoir
    Grands-mères édentées qui mendient dans leur désespoir
    On prie ou se signe aux pieds des églises
    Mais rien, non rien, ne conjure la crise

    La décharge publique déborde sur la rivière
    Les écrans cassés voguent de là jusqu’à la mer
    L’encre, la peinture se déversent et colorent
    L’eau et la terre qui supportent nos sorts
    Dans la Zone 84…

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    Photos : Bijeljina, Brčko, Doboj, Foča, Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), Karlovac, Lovran, Plaški, Pula, Rijeka (Croatie), Nikšić, Podgorica, Sutomore (Monténégro), Belgrade (Serbie). 18.04.2025 / 07.08.2025

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    Texte et photos : Manu Hollard
    Zone 84 est un morceau en préparation, à venir chez Zuunzug music : https://zuunzug.bandcamp.com/ et https://soundcloud.com/zuunzug

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