Après la première atmosphère publiée fin janvier, voici les deuxième et troisième. Elles contiennent de nombreux field recordings enregistrés ici et là, quelques samples triturés jusqu’à devenir méconnaissables, et même un peu de synthé pour la dernière. Toutes les deux ont été commencées il y a plusieurs années, puis abandonnées, puis retravaillées, puis réabandonnées, etc.
Réagissant aux meurtres de l’ICE, l’ultra-violente police de l’immigration déployée par Donald Trump à travers les États-Unis, Bruce Springsteen renoue avec la tradition de la protest song et enregistre, trois jours après l’exécution d’Alex Pretti, Streets of Minneapolis, au titre bien sûr calqué sur son mythique Streets of Philadelphia. Si Springsteen s’était plusieurs fois prononcé (en mal !) sur Trump, je ne l’aurais jamais imaginé sortir une pareille chanson, complétement ancrée dans l’actualité, citant autant les noms des victimes que ceux des bourreaux, à la manière de Hurricane ou The Lonesome Death of Hattie Carroll de Bob Dylan, deux titres datant des années 1960-1970.
Enregistré le 27 janvier 2026 au Stone Hill Studio, à Colts Neck, dans le New Jersey (voir le film Springsteen: Deliver Me From Nowhere pour en savoir plus sur ce lieu) et publié dès le lendemain sur Youtube, le morceau atteint les deux millions de vues en moins de 24 heures. Deux jours seulement après sa publication, le 30 janvier 2026, sur l’invitation de Tom Morello (de Rage Against The Machine), avec qui il avait collaboré sur son album High Hopes, Bruce Springsteen joue ce morceau pour la première fois lors du concert caritatif Defend Minnesota, au First Avenue, à Minneapolis. Il jouera au total trois morceaux ce soir-là, dans une petite salle de moins de 2000 places, lui qui a plutôt l’habitude de remplir des stades ! Voici le set complet du Boss (Streets of Minneapolis en solo, The Ghost of Tom Joad avec Tom Morello, et Power to the People de John Lennon en collectif), suivi du clip de Streets of Minneapolis et des paroles du morceau :
Le clip de Streets of Minneapolis :
Through the winter’s ice and cold Down Nicollet Avenue A city aflame fought fire and ice ‘Neath an occupier’s boots King Trump’s private army from the DHS Guns belted to their coats Came to Minneapolis to enforce the law Or so their story goes
Against smoke and rubber bullets In the dawn’s early light Citizens stood for justice Their voices ringing through the night And there were bloody footprints Where mercy should have stood And two dead, left to die on snow-filled streets Alex Pretti and Renee Good
Oh, our Minneapolis, I hear your voice Singing through the bloody mist We’ll take our stand for this land And the stranger in our midst Here in our home, they killed and roamed In the winter of ’26 We’ll remember the names of those who died On the streets of Minneapolis
Trump’s federal thugs beat up on His face and his chest Then we heard the gunshots And Alex Pretti lay in the snow dead Their claim was self-defense, sir Just don’t believe your eyes It’s our blood and bones And these whistles and phones Against Miller and Noem’s dirty lies
Oh, our Minneapolis, I hear your voice Crying through the bloody mist We’ll remember the names of those who died On the streets of Minneapolis
Now they say they’re here to uphold the law But they trample on our rights If your skin is black or brown, my friend You can be questioned or deported on sight In our chants of « ICE out now » Our city’s heart and soul persists Through broken glass and bloody tears On the streets of Minneapolis
Oh, our Minneapolis, I hear your voice Singing through the bloody mist Here in our home, they killed and roamed In the winter of ’26 We’ll take our stand for this land And the stranger in our midst We’ll remember the names of those who died On the streets of Minneapolis We’ll remember the names of those who died On the streets of Minneapolis
J’ai déjà publié de nombreux articles à propos ou en lien avec mes enregistrements de terrain (field recordings). Depuis les débuts de Zuunzug, la plupart de nos morceaux en contiennent (balancement du train sur La Transe du Transsibérien, bruits de chantier et de cafetière sur Class War 2022…), ils sont même parfois composés uniquement de ça (Zastava-7). Pour autant, j’en ai encore des centaines d’heures jamais utilisées ! Beaucoup de ces enregistrements n’ont pas vraiment d’intérêt, sauf peut-être pour le souvenir, mais d’autres ont su capter des ambiances – ou bien simplement des sonorités – vraiment intéressantes.
Durant toutes ces années (je me suis procuré un enregistreur Zoom en 2020), j’ai accumulé de nombreuses pistes d’ambiances et d’atmosphères, constituées principalement de field recordings, que je n’ai jamais publiées parce qu’elles étaient plutôt destinées à être ajoutées dans des morceaux plus développés, à servir de bandes-son pour des spectacles ou encore à être placées sur des albums en guise d’interludes.
J’ai décidé de publier trois de ces « atmosphères » dans le mois qui vient, avant de lancer les premiers extraits du nouvel album de Zuunzug, constitué essentiellement de morceaux à texte, dont le premier, Travnik, sera disponible courant mars au plus tard.
Cette première atmosphère est plutôt sombre. Je n’ai jamais vraiment su ce qu’était le son principal, ce ronronnement grave et régulier, capté à Séoul en 2023. Plusieurs autres field recordings s’y mêlent, ils viennent d’un peu partout…