• cLOUDDEAD

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    Quand cLOUDDEAD débarque sur le devant de la scène en 2000 à la faveur d’une poignée de singles, personne ne comprend bien d’où sortent ces types ni ce qu’ils font exactement. Dans un hip-hop qui a encore du mal à évoluer et à muter, revendiquant à longueur d’album son « authenticité », les trois zikos de Cincinnati entendront même parfois que ce qu’ils font n’est « pas du rap ».

    Vingt-cinq ans plus tard, le rap a connu toutes les mutations possibles et imaginables, les meilleurs comme les pires, et plus personne ne se pose la question d’où classer cLOUDDEAD : ils font incontestablement partie de la galaxie hip-hop.

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    Leur premier album sort en 2001, il s’agit en fait d’une compilation de leurs six singles 2-titres sortis durant les mois précédents. C’est avec ce disque, sorti sur le label britannique Big Dada, qu’ils vont connaitre un semblant de succès, très limité certes, mais qui me permettra de les découvrir quelques années plus tard. Si aujourd’hui de telles bizarreries sonores ne sont plus rares dans le rap game, à l’époque, franchement, un son pareil n’était pas commun et je n’ai saisi l’aspect « culte » de cet album que récemment, en le réécoutant. Car en effet aujourd’hui, comment ne pas voir le lien évident qu’il a entre cLOUDDEAD et le cloud rap ou le lofi hip-hop, qui n’ont explosé que des années plus tard.

    Le groupe n’existera que cinq ans, sortant un deuxième album en 2004, Ten, puis tirant sa révérence.

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    En cherchant sur le net, j’ai trouvé quelques rares vidéos de concerts du groupe. Je me demandais comment ça pouvait rendre en live tant cela me semblait difficile de rejouer leurs étranges morceaux sur scène. J’ai été assez épaté du résultat ! Évidemment, le live est encore moins « accessible » que l’album, qui demande déjà un certain effort d’écoute… Je fais donc suivre deux liens : une vidéo de vingt-trois minutes compilant des extraits de leurs concerts de 2002, et l’intégralité de leur premier album, cLOUDDEAD, qui s’écoute d’une traite et en entier, de toute façon, si on veut commencer à capter le délire !

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    Fediverse Reactions

  • En plein vol

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    Photo prise hier (jeudi 28 mai) quelque part en Macédoine du Nord… Reparti en voyage depuis une dizaine de jours. Errances entre Albanie, Macédoine et Kosovo. De nouveaux articles plus ou moins bientôt…


  • Soleil Hurlant

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    Après Travnik, voici le nouveau morceau vocal de Zuunzug : Soleil Hurlant. Un morceau écrit principalement en Roumanie en juillet 2023. Le refrain m’est venu dans une chambre d’hôtel au septième étage d’un immeuble vitré de Bucarest, alors que la ville transpirait sous la canicule et que la clim défaillante menaçait de lâcher à tout moment… La musique est basée sur un sample découpé et recomposé d’une chanson de sevdah, la musique traditionnelle de Bosnie, ce qui fait en quelque sorte le lien avec Travnik.

    Je mets ici les lecteurs Soundcloud et Youtube pour écouter le morceau, et le texte juste en-dessous.

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    Soleil Hurlant

    Sur un fil aux fenêtres des tours soviétiques
    les fringues sont sèches depuis une époque lointaine
    le soleil hurlant, technocrate, méthodique
    se charge comme toujours d’ébouillanter les blocs
    il ne manquait plus que ça, la chaleur nous écrase
    nous soumet au rythme lent qu’elle nous impose
    plus assez d’eau ni de bière et trop loin de ma base
    encore un jour où j’attends que tout explose
    Vivement la nuit, la lune, les chiens errants, les zonards
    qu’on fume et qu’on boive dans les carcasses de voitures
    échouées sur la plage la plus sale de l’histoire
    celles où tous les junkies vont pour leur piqûre
    le cœur des filles paumées se perd dans les vagues
    pas une once de fraîcheur ni un gramme de smog
    c’est l’heure où l’on sort pour la défonce et drague
    très loin des tubes de l’été et des boites en vogue

    Soleil hurlant derrière des rideaux noirs
    une procession de veuves défile sur le goudron
    vous qui sortez d’ici, perdez tout espoir
    dehors le monde brûle et ce n’est pas de passion

    Spectres désossés, carcasses de caisses rêveuses
    je quitte la casse dans une enveloppe fiévreuse
    le soleil, l’affreuse chaleur qui ne s’arrête pas
    comme une petite agonie à chacun de mes pas
    la rivière bleu métal passe mais traîne l’enfer
    les déchets nucléaire, le mercure et le fer
    vers la mer, s’incrustent dans la vase
    il sera difficile, un jour, de faire table rase
    Les prosélytes, les nouveaux adeptes sortent des bureaux
    se dirigent vers l’apocalypse en comptant leurs euros
    qu’ils changeront en dollars devant Saint Pierre
    au paradis on ne prend que les billets verts
    le soleil me pointe du doigt, épuisé
    mon t-shirt trempé, mes grosses chaussures fermées
    mes considérations, alors que la ville s’écroule
    ils sont tous sidérés, moi je trouve ça cool

    Soleil hurlant derrière des rideaux noirs
    une procession de veuves défile sur le goudron
    vous qui sortez d’ici, perdez tout espoir
    dehors le monde brûle et ce n’est pas de passion

    Assis là, à cibler le silence
    dans le bruit des moteurs et les cris de défiances
    les effluves d’essence, près du fleuve pollué
    assis là, seul, à enchaîner les cafés
    la rue est une menace, une balance, les noces
    du bien avec le mal ont rendu le monde féroce
    je ronge le même os que les cloches vaincus
    au piètre banquet des exclus…
    Et je marche vers le soleil dans un désert de goudron
    le sac plein d’alcool noir, fumé, brûlé
    je pense à cette nouvelle guerre que nous perdrons
    dans les médias, les réseaux manipulés
    là-bas, le ciel pleure des bombes au phosphore blanc
    tout droit de l’homme balayé
    l’Occident écrit son histoire en rouge sang
    dans la torpeur d’un éternel été

    Soleil hurlant derrière des rideaux noirs
    une procession de veuves défile sur le goudron
    vous qui sortez d’ici, perdez tout espoir
    dehors le monde brûle et ce n’est pas de passion

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    Texte & musique : Manu Hollard
    Visuel : Malka Fleurot