Le morceau Travnik est désormais sur YouTube, ainsi que sur la plupart des plateformes musicales. Liens vers le profil de Zuunzug sur Spotify, Deezer, etc., en dessous de la vidéo.
Travnik est une ville située dans le centre de la Bosnie. Elle fut le lieu de résidence de vizirs venus d’Istanbul et d’ambassadeurs français aux XVIIIe et XIXe siècle, quand la région faisait encore partie de l’Empire Ottoman. Ivo Andrić en a tiré un long et magnifique roman intitulé La Chronique de Travnik. J’y suis allé plusieurs fois, mais c’est mon dernier séjour là-bas, en 2024, qui m’a inspiré ce morceau.
Travnik n’est pour l’instant disponible que sur Soundcloud, mais il sera bientôt sur la plupart des plateformes de streaming, je referai probablement un article pour donner les liens. C’est aussi le premier extrait du futur album qui sortira en CD et sur Bandcamp dans le courant de l’année.
Dans la Time Machine à Travnik Ses ruelles étroites, ses maisons perchées La cité médiévale et cet unique Adhan s’échappant des mille mosquées Je marche lentement, erre au hasard Devise sur les tombes des vizirs Retourne me perdre dans le vieux bazar Flâne au grès des plaisirs Dans le blues de la ville Celle où Daville et Desfosses Errent encore perdus Dans un trou noir du cosmos Leurs pensées vers ailleurs Et le bruit de la rivière Impossible de dormir Insomnies routinières
Le silence de Travnik, ici personne ne sait plus Si derrière ces montagnes, le monde existe encore Le dernier vizir n’a pas honoré sa venue Et la ville se croit encore suspendue à son sort Dans de longues journées qui en valent dix Quand les gens s’agitent dans le murmure de la Lašva Le chant du muezzin brise le silence et se hisse Aux sommets des monts Vlašić et Vilenica
La cité ronronne, La rumeur s’élève À peine Alors que le soleil se lève Dans quelques heures pourtant Il écrasera tout Comme dans un après-midi d’été Andalou Le temps s’écroule lentement Roule sur les visages fermés de tous ces gens Marqués par les éléments, accrochés à leur terre À leur pierre, à leur cimetière Elle a épuisé des vizirs Des consuls, représentants des plus grands empires Qui se noyaient dans leur mélancolie le soir Entre les deux montagnes noires
Tant de héros insoupçonnés dont j’entends les récits La grande comme la petite histoire sont passées ici aussi J’ai l’impression qu’on m’épie, parano dans les rues vides Pas loin d’ici, certains creusent pour trouver des pyramides J’avance et prends des rides dans les odeurs de café Le doute et la rakija troublent et brouillent mes pensées Le bus n’est pas passé, je ne sors plus de la chronique Est-il seulement possible de quitter Travnik ?
Dans la nuit déserte Balade somnambulique Errant dans l’amphithéâtre Des montagnes magiques Travnik dort Dans les murmures de la rivière La rumeur de la pluie se perd Dans le silence des cimetières
Après la première atmosphère publiée fin janvier, voici les deuxième et troisième. Elles contiennent de nombreux field recordings enregistrés ici et là, quelques samples triturés jusqu’à devenir méconnaissables, et même un peu de synthé pour la dernière. Toutes les deux ont été commencées il y a plusieurs années, puis abandonnées, puis retravaillées, puis réabandonnées, etc.