• Deux lieux étranges (1/2)

    Durant environ un mois, en mai-juin 2026, j’ai voyagé à travers l’Albanie, la Macédoine et le Kosovo. J’y ai vu beaucoup de belles choses, mais aussi quelques lieux plutôt étranges…

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    1. Le Palais du roi Zog, à Durrës (Albanie).

    Ahmet Zogu, plus connu en tant que Zog 1er, est un personnage controversé de l’histoire politique albanaise. Premier ministre du pays de 1922 à 1924, son gouvernement est renversé à la suite de violents conflits entre partis. Réfugié six mois à l’étranger, il opère dès fin 1924 un retour en force en Albanie et, à la faveur d’un coup d’État, reprend le pouvoir et le titre de Premier ministre, qu’il double bientôt de celui de président de la République.

    En 1928, bien qu’il ait déjà les pleins pouvoirs (il a notamment interdit tous les partis politiques), Ahmet Zogu fait modifier la Constitution et s’autoproclame roi des Albanais sous le nom de Zog 1er, instaurant la dynastie de la Maison Zogu.

    Cette dynastie, qui ne connaitra que lui, s’écroule en 1939 avec l’invasion de l’Albanie par l’Italie fasciste de Mussolini. Zog se réfugie alors en France, mais le pays est bientôt envahi par les nazis et il doit de nouveau fuir, en Angleterre cette fois-ci, où il restera jusqu’à la fin de la guerre.

    En 1945, le communiste Enver Hoxha accède au pouvoir en Albanie et interdit au roi déchu et à sa famille de revenir au pays. Zog 1er, redevenu Ahmet Zogu, passera donc le reste de sa vie en exil, accompagné d’une « cour » de plus en plus restreinte année après année.

    Modernisateur du pays, tyran, despote éclairé ou monarque fantoche, Zog semble être un personnage difficile à saisir. Ce qui est sûr, c’est qu’il aimait le luxe et, dès 1926, il fait construire sur une colline de Durrës, au bord de la mer, ce qui deviendra son palais royal et dont la construction ne s’achèvera qu’en 1937, juste avant son mariage avec la comtesse Géraldine Apponyi de Nagy-Appony. Renversé en 1939, Zog 1er n’aura donc pas eu beaucoup le temps de profiter de son palais et celui-ci finira, au fil des ans, par tomber en décrépitude.

    C’est ainsi que, cent ans après le début de sa construction, j’ai pu visiter le palais du roi Zog 1er ! Aucun mérite à cela, la demeure et son terrain sont désormais accessibles moyennant 300 leks, soit environ 3 euros. En haut de la colline, on paye à l’entrée du site et on se retrouve libre pour une sorte d’urbex (exploration urbaine) autorisée. Si on peut se faire une idée de l’ancien faste du palais grâce à quelques détails encore visibles (l’escalier en marbre, la taille des pièces…), il ne reste plus grand chose de la demeure de rêve du roi, à part ses murs. Les amateurs de ruines, de décombres et d’exploration urbaine, dont je suis, connaitront un émerveillement certain à visiter ce bâtiment délabré et auront bien du mal à le quitter, les autres redescendront rapidement la colline pour aller profiter des plages de Durrës !

    Quelques photos de l’ancien palais royal (19 mai 2026) :

    Prochain épisode : Le Makedonium de Kruševo, en Macédoine du Nord.

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  • Rayon découvertes #5 : Makedonija (Macédoine du Nord)

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    J’exhume une nouvelle fois une vieille rubrique de ce blog, qui m’avait permis d’évoquer des chansons découvertes lors de mes voyages.

    J’ai passé quelques temps en Macédoine du Nord cette année en mai-juin. J’y étais déjà allé en 2022, puis repassé rapidement en 2024. Cette année, au fur et à mesure du voyage, je me suis constitué une playlist faite de chansons traditionnelles du folklore macédonien.

    J’ai bien trouvé les clips de certains de ces morceaux mais ils ne mettent pas forcément en valeur les chansons, je préfère donc rester sur des images statiques (à une exception près). En plus, le texte est affiché sur la plupart des vidéos, des fois que vous compreniez le macédonien…

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    1. Jonče Hristovski : Ako Umram il Zaginam

    2. Efto Pupinovski : Lihnida Kajce Veslase

    3. Violeta Tomovska i Kiril Mančevski : Makedonsko Devojce

    4. Aleksandar Sarievski – Zajdi, Zajdi Jasno Sonce

    5. Atina Apostolova : Eleno Kerko Eleno

    6. Aleksandar Sarievski : Jovano Jovanke

    7. Vidanka Georgieva : Mnogu Merak Imam Babo

    8. Aleksandar Sarievski : Filizoj Mome, Filizo

    9. Cane Nikolovski : Parahodot Mi Pristigna

    10. Aleksandar Sarievski : Uci Me Majko Karaj Me

    * Et un autre groupe macédonien à découvrir : Ljubojna.

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    Rayon découvertes #4 : Hrvatska (Croatie)

    Rayon découvertes #3 : Chants des steppes/Chants des villes

    Rayon découvertes #2 : Mongolie

    Rayon découvertes #1 : Grèce

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  • cLOUDDEAD

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    Quand cLOUDDEAD débarque sur le devant de la scène en 2000 à la faveur d’une poignée de singles, personne ne comprend bien d’où sortent ces types ni ce qu’ils font exactement. Dans un hip-hop qui a encore du mal à évoluer et à muter, revendiquant à longueur d’album son « authenticité », les trois zikos de Cincinnati entendront même parfois que ce qu’ils font n’est « pas du rap ».

    Vingt-cinq ans plus tard, le rap a connu toutes les mutations possibles et imaginables, les meilleurs comme les pires, et plus personne ne se pose la question d’où classer cLOUDDEAD : ils font incontestablement partie de la galaxie hip-hop.

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    Leur premier album sort en 2001, il s’agit en fait d’une compilation de leurs six singles 2-titres sortis durant les mois précédents. C’est avec ce disque, sorti sur le label britannique Big Dada, qu’ils vont connaitre un semblant de succès, très limité certes, mais qui me permettra de les découvrir quelques années plus tard. Si aujourd’hui de telles bizarreries sonores ne sont plus rares dans le rap game, à l’époque, franchement, un son pareil n’était pas commun et je n’ai saisi l’aspect « culte » de cet album que récemment, en le réécoutant. Car en effet aujourd’hui, comment ne pas voir le lien évident qu’il a entre cLOUDDEAD et le cloud rap ou le lofi hip-hop, qui n’ont explosé que des années plus tard.

    Le groupe n’existera que cinq ans, sortant un deuxième album en 2004, Ten, puis tirant sa révérence.

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    En cherchant sur le net, j’ai trouvé quelques rares vidéos de concerts du groupe. Je me demandais comment ça pouvait rendre en live tant cela me semblait difficile de rejouer leurs étranges morceaux sur scène. J’ai été assez épaté du résultat ! Évidemment, le live est encore moins « accessible » que l’album, qui demande déjà un certain effort d’écoute… Je fais donc suivre deux liens : une vidéo de vingt-trois minutes compilant des extraits de leurs concerts de 2002, et l’intégralité de leur premier album, cLOUDDEAD, qui s’écoute d’une traite et en entier, de toute façon, si on veut commencer à capter le délire !

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