• Distances

    Qu’est-ce que les distances font de nous ? Quelle serait une distance à notre mesure ?
    Que ressent notre corps quand les distances et la vitesse avec laquelle on les parcourt le dépasse ?

    Un après-midi de marche en Lozère, 14 km. Toute une matinée de préparation, on compte les kilos sur le dos, on mange avant de partir pour porter moins. Le début est long, parce qu’il faut d’abord monter, et les muscles des jambes ne sont pas encore habitués. Là-haut, c’est un plateau, c’est vide et c’est libre. Il n’y a rien. Plus de police, plus de clôtures, plus de quadrillage. Je respire l’air à plein poumons.

    Зрењанин, Аутономна Покрајина Војводина, Сpбија (Zrenjanin, Voïvodine, Serbie). Il est arrivé dans une ville un peu dénudée et délabrée pour se reposer. Dans la boue, sur le bas-côté de la route, traîne un médaillon avec une icône orthodoxe… Il le ramasse.

    Les distances me questionnent. Les envies de voyage ne manquent pas, mais je me demande si je n’écrase pas ma perception de l’espace en le traversant à des vitesses pareilles, en voiture, en bus, en train, parfois même en avion. Ces vitesses-là, est-ce que mon corps et mes pensées les comprennent vraiment ? J’ai pourtant l’impression que les ailleurs lointains me déplacent plus – c’est-à-dire, intérieurement aussi : qu’ils m’ouvrent des horizons de pensées plus vastes. Est-ce que j’ai raison de penser ça ?

    Le lendemain, 13 km et une longue descente. 13 km c’est peu, c’est une petite journée et on la prend à la légère. Quand on voit un panneau indiquant notre destination à 7 km, on se dit que c’est du gâteau, qu’on y sera vite. Mais le paysage est bien plus fourbe que ça, et ces 7 km m’ont semblé comme deux jours d’une autre marche. La chaleur, la pente, les difficultés à trouver les chemins, à affronter un terrain qui ne voulait peut-être pas de nous, le corps refusant encore de quitter son confortable immobilisme passé, tout cela a distordu l’espace-temps, et c’était peut-être la pire journée de marche de ce parcours.

    Зрењанин, Аутономна Покрајина Војводина, Сpбија (Zrenjanin, Voïvodine, Serbie). Ces lieux semblent presque à l‘abandon. Un café est l‘exacte reproduction de celui de la série Friends, et s‘appelle bien sûr aussi Central Perk. Un autre affiche en immense, sur le mur du fond, le visage de Poutine. Il passe devant en se promenant dans la ville.

    En fait c‘est quoi un ailleurs ? Le lendemain il parcourt à peu près 73 km en deux-trois heures de bus et rejoint Београд (Belgrade). Le même jour, on marche encore 13 km – ce qui commence à ressembler à une malédiction – avec 700 mètres de dénivelé positif et 700 mètres de dénivelé négatif. Verticalement parlant, on fait du surplace. Il fait très chaud et l‘air est épais, une fois encore il nous semble que nous marchons sans avancer, que ces 13 km ne sont que théoriques et que la distance réelle est double. Lui, il est parti sous la pluie et, une fois arrivé, doit encore marcher pendant trois quart d‘heure avant d‘arriver à son hôtel, et traverser l‘empire des chiens errants. L‘un d‘eux, très gros, semble vouloir lui barrer la route mais quand, bien obligé, il s‘approche de lui pour traverser la rue, le chien continue d‘aboyer mais ne bouge pas. Finalement, c‘est lui qui est le plus effrayé. Nous, on a traversé des endroits magnifiques, et j‘ai affronté ma peur des falaises. On a découvert un étrange ermite de la montagne, qui faisait un concert de reggae amplifié tout seul. On arrive finalement dans un endroit horrible, on paie 16€ pour planter notre tente sur un morceau de terrain vague. Le soir, il y a un marché avec des files d‘attente, du monde partout et que des gros plats de viande à manger, l‘ambiance est glauque.

    Est-ce que ce qui nous déplace en nous-même lorsqu‘on est en voyage au loin, c‘est l‘environnement, ou c‘est ce qu‘on attend de lui parce qu‘on a beaucoup voyagé avant de l‘atteindre ?

    A suivre

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  • Time Enough at Last

    Time Enough at Last, le premier album de Zuunzug, est désormais disponible !

    On y retrouve certaines des premières compositions comme San Francisco, Last Night et Is There A Beat Generation? mais aussi l’inédit Kali, réalisé récemment, et la collaboration avec Finest Skillz : Hoffmann & Einstein. Tous les titres de l’album ont été retravaillés et remixés par rapport aux premières versions Soundcloud, certains morceaux ont même été profondément modifiés (Northwest Blue, Class War 2022…).
    Le disque s’ouvre sur Time? et le monologue d’Henry Bemis (voir Time?) pour se terminer 57 minutes plus tard sous la pluie de A Stormy Time. 15 morceaux mixés en une longue piste sur laquelle s’enchaînent les rythmiques hip-hop (Streetz, Stress, Dragon) et les paysages sonores plutôt marqués ambient ou trip-hop (Yellow River, Dr Sax (Part 1), Outside), l’inclassable COV1DI9CHANN3L complétant le tracklisting de cet album composé sur une période de quatre ans riche en évènements, c’est le moins que l’on puisse dire.

    Depuis le début de son histoire, Zuunzug a mêlé la musique et les images, c’est pourquoi nous avons tenu à réaliser plus qu’une simple compilation de nos meilleurs fichiers numériques. Time Enough at Last a donc eu droit à son tirage CD, 100 exemplaires en digipack 3 volets avec livret 8 pages !

    La vente de l’album s’effectuera via Bandcamp – un des moyens les plus pratiques, qui ne requiert pas d’inscription – avec la possibilité de télécharger l’album en format numérique (wav, mp3, flac, etc.) pour une poignée de piécettes ou de commander le CD pour la somme de 8€ (prix de lancement pour le premier mois, on arrondira à 10€ ensuite). Les frais de port s’ajouteront automatiquement lors de la commande : 2€ pour la France, 3€ pour le reste du monde !

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  • En attendant l’album…

    En attendant le premier album de Zuunzug, Time Enough at Last, qui sortira le 21 Juin 2022, voici une compilation de 21 de nos field recordings téléchargeable gratuitement sur Bandcamp. Les enregistrements ont été effectués entre 2019 et 2021 en Belgique, en France et en Croatie (Brugge, Capbreton, Zagreb, Gent, Le Mans, Zadar, Osijek, Bruxelles, Angoulins, Split, Vukovar, Zuydcoote, Montluçon…).

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    Plusieurs des morceaux figurant sur Time Enough at Last sont d’ores et déjà sur Soundcloud en version « album », deux autres viennent d’être publiés sur Youtube. Le disque se composera de 15 morceaux dont une bonne partie sont des versions retravaillées et remixées de titres précédemment mis en ligne, mais pas uniquement !

    Pour la pochette de Field Recordings 2019-2021, Malka a redessiné une photo prise à Capbreton en 2020.

    Et toujours en attendant l’album, il y a le EP 4 titres The Time is Stretching !

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