« Sirhan est le descendant d’un billet de voyage… »
« Le désert était clairvoyant, voilà ce qu’il avait toujours cru, le désert se déploie et révèle, le paysage connait l’avenir comme le passé. »
« J’attendais la fin du monde ou quelque chose de semblable. La folie post-méridienne de rigueur s’était emparée des gens dans leurs appartements de classe moyenne inférieure, ou la télévision constitue les portes de la perception, paradis et enfer. Mais tous continuaient à jouer la normalité. »
« Nous ne sommes pas ici pour donner de beaux exemples de défaites. »
« Une mémoire venue des trains en partance / et des quais que les bouquets de jasmin et les paroles d’accueil ont désertés… »
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– Citations : Mahmoud Darwich (T’aimer ou ne pas t’aimer) Don DeLillo (Point Oméga) Faruk Šehić (Le livre de l’Una) André Malraux (Les Conquérants) Mahmoud Darwich (Noces)
– Photos : Manu – Zuunzug
– Thursday Doors : Je pense que les photos 7 et 16 peuvent figurer dans le Thursday Doors Challenge de cette semaine !
La suite du voyage nous éloigne un peu de la sevdah puisqu’on quitte la Bosnie-Herzégovine. On reste cependant à ses frontières, au Monténégro. Ce ne sera donc pas une chanson de sevdah qui illustrera cet article, mais un morceau ambient que j’ai réalisé en rentrant de ce voyage et qui contient un enregistrement de la mer Adriatique réalisé à Sutomore, sur la côte monténégrine, et plus précisément sur la plage Devachen, un lieu semi-secret et magique auquel on accède en traversant un tunnel de 400 mètres… Devachen :
Après environ deux semaines en Bosnie-Herzégovine, je suis arrivé au Monténégro via un tout petit poste-frontière dans les montagnes, à une trentaine de kilomètres au sud de Foča, où je venais de passer deux jours. En arrivant par ici, d’emblée, le paysage est magnifique. Je songe à m’arrêter à Plužine, mais je pousse finalement jusqu’à Nikšić. Si vous êtes déjà allé en Ex-Yougoslavie, il y a de grandes chances que vous connaissiez ce nom grâce à (ou à cause de) la bière qu’on y brasse, la Nikšićko, une des plus célèbres des Balkans !
Je suis resté trois jours à Nikšić mais, à cause d’un sévère lumbago, je n’ai pas pu y faire tout ce que je voulais. J’y ai quand même vu l’impressionnant Monument des Partisans Communistes et la superbe Forteresse de Bedem, d’où viennent plusieurs des photos qui suivent…
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Podgorica :
Après des semaines à voyager en bus, j’étais heureux de découvrir une gare ferroviaire à Nikšić, et c’est de là que je suis parti pour rejoindre la capitale du pays, Podgorica. Au Monténégro, de nombreuses villes ont des noms en lien avec la montagne. Le nom même du pays, évidemment, Crna Gora en version originale, veut dire Montagne Noire. Podgorica signifie plus quelque chose comme Sous la petite montagne, mais la ville avait été renommée Titograd durant toute la période yougoslave !
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J’ai adoré Podgorica. J’avais entendu beaucoup de choses sur cette ville, que les voyageurs et touristes semblent ne pas trop aimer. La raison en est assez simple : Podgorica n’est pas une capitale destinée aux touristes, c’est juste une ville normale avec des habitants dedans. Il n’y a pas pléthore de musées, de clubs, de spots pour expatriés et voyageurs, tout le monde ne parle pas anglais… Si on ajoute à cela que la nature tout autour est magnifique (la mer n’est pas loin, les montagnes assiègent la cité…), on a une ville où les touristes ne passent qu’une nuit en descendant de leur avion, avant de se casser. Ainsi, ils ne découvrent pas vraiment Podgorica, son ambiance, ses différents quartiers, ses bars, ses restaurants, ses parcs… On avait vécu la même chose avec Oulan-Bator, en Mongolie, ville méprisée par les touristes dans laquelle nous avions fait de superbes rencontres et vécu des choses incroyables. Encore une preuve qu’il faut toujours aller voir par soi-même plutôt que d’écouter les on-dit…
Au bord de la rivière Morača qui traverse la ville.Stara Varos, la vieille ville de Podgorica.La Cathédrale de la Résurrection-du-Christ, dans laquelle on peut voir Tito, Marx et Engels brûler en enfer… Voir article.Mon premier contact avec Podgorica, juste en face de la gare !
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Sutomore :
Étant déjà allé plusieurs fois sur la côte monténégrine, j’ai cherché une destination que je ne connaissais pas, et c’est tombé sur Sutomore. Sutomore est une superbe petite ville calée entre les montagnes et la mer, c’est très vivant et très peuplé en été, mais ça n’en reste pas moins magnifique ! Mon lumbago de Nikšić m’a empêché ici aussi de trop grimper aux montagnes, je me suis donc rabattu sur le bord de mer, c’était pas mal non plus !
La plage Devachen.Les red rocks !
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Après trois jours de chaleur intense, j’ai quitté Sutomore sous l’orage et suis retourné traîner un peu à Podgorica… J’ai quitté le Monténégro le 6 août dans le train Tara qui va jusqu’au nord de la Serbie. Je me suis arrêté à Belgrade, où j’ai encore passé trois jours complétement déments avant de prendre pour de bon le chemin du retour.
(Encore deux articles à suivre avant la fin de la série…)
6 – 9 novembre 2022 (kilomètre 6286, kilomètre 6769)
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Puisque j’étais repassé par Zadar, pourquoi ne pas repasser aussi par Rijeka, la ville qui m’avait ouvert la porte des Balkans en 2021 ? Je finissais ainsi mon long voyage de 2022 là où avait commencé celui, plus court, de l’année précédente. L’étape qui suivrait, Milan, ne serait qu’un court arrêt pour ne pas avoir à faire le trajet d’une traite et rester plus de 20 heures d’affilée dans le bus…
Je n’ai pas grand chose à dire de ces derniers jours de voyage, ils sentaient vraiment la fin et, d’une certaine manière, je n’étais déjà plus vraiment « dedans ». Je n’aime pas les fins de voyages.
En attendant le tout dernier article, dans lequel je ferai un petit bilan de ce long périple, voici un ultime enregistrement de terrain et quelques photos de Rijeka, encore une superbe ville.