Le Titanic, revenu des abysses, navigue de concert avec le Hollandais Volant sur la mer mongole… Gengis Khan à la proue du navire… Le temps s’étire, les époques et les univers se confondent…
Ce morceau contient plusieurs « field recordings », ou enregistrements de terrain, captés par mes soins grâce au magnétophone de mon téléphone portable… En voici les sources :
– Dans une yourte en Mongolie, quelque part dans la province d’Ulziit (Arkhangaï), le 19/05/2017
– Au Nouvel An Mongol à Paris (le sample de morin khuur), le 08/02/2018
– Au Mans, durant un orage, le 26/05/2018
– Au Mans, avant un concert de musique soudanaise, le 22/09/2017
Dans la nuit serbe, paumé.e.s quelque part entre Jacovida et Niš, au milieu de champs lugubres sur une colline sinistre, après avoir tourné des heures à la recherche d’un endroit où poser nos tentes et après s’être fait jeter de ce qui n’était pas du tout un gîte (contrairement à ce qu’indiquait Google Maps)… Un grec, deux allemand.e.s et trois français.es se sont calé.e.s autour d’un réchaud à gaz et ont ouverts quelques bières bouteilles, se tapant un repas de fortune à 1H du mat’ dans la cour d’une école à moitié détruite.
Quelques dizaines de kilomètres plus tard, on laissera nos deux passager.e.s allemand.e.s sur une aire d’autoroute où on boira un café histoire de tenir jusqu’à Niš. Dans la pension où on arrivera à pas d’heure, on trouvera un arrangement avec le vieux réceptionniste de nuit pour un « appartement » à quatre.
On aura roulé toute la journée, traversé Belgrade comme des voleurs, bu des bières sur les trottoirs de Jacovida en y cherchant un toit, échappé de justesse au paiement d’un bakchich à un flic zélé, pris un vieux serbe digne et bavard en stop sur quelques kilomètres, vu d’innombrables chiens errants et pas mal de tags douteux tout au long des villes et des villages traversés…
Demain, dès le début d’après-midi, on aura quitté la Serbie – nos camarades ont les yeux rivés sur la Grèce – mais on en gardera le petit tampon sur notre passeport, en attendant d’y revenir.
« Par la sainteté, cervelle et crottin de mon ânesse, je te le jure à toi mon frère, triste hibou solitaire, compagnon, je te jure qu’il nous reste encore les tétons de feu de la parole pour nourrir la résistance des causes du monde déjà perdues. »
Λάδη (Ladi), Ελλάδα (Grèce) Эрдэнэт хот (Erdenet), Монгол Улс (Mongolie)Αθήνα (Athènes), Ελλάδα (Grèce)Santa Maria, USA.Rīga, Latvija (Lettonie)San Francisco, USAΑθήνα (Athènes), Ελλάδα (Grèce)San Francisco, USAGars Am Inn, DeutschlandСайншанд хот (Sainshand), Монгол Улс (Mongolie)Эрдэнэт хот (Erdenet), Монгол Улс (Mongolie)Quelque part en България (Bulgarie)Monterey, USAPantin, FranceХустайн нуруу (Hustai), Монгол Улс (Mongolie)Liepāja, Latvija (Lettonie)Хөшөөт (Khushuut), Монгол Улс (Mongolie)Λάδη (Ladi), Ελλάδα (Grèce)
Poème : Hawad (extrait de « Le Coude Grinçant de l’Anarchie »)
Photos : Manu et Malka