Bushwick Bill & Geto Boys

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que la discographie des Geto Boys est bordélique ! Si on prend toutes  les sorties du groupe ainsi que les albums solo de ces trois membres historiques – Bushwick Bill, Scarface et Willie D – on arrive à plus de trente disques !
La carrière solo de Willie D n’a pas marqué les esprits, mais celle de Scarface a fait de lui un des MCs les plus respectés de la scène hip hop et ses albums The Diary (1994) et The Fix (2002) sont considérés comme des classics.
Bushwick Bill, lui, avec son indiscipline légendaire, a été capable du meilleur comme du pire et a livré six albums solo entre 1992 et 2009.
Puisque l’idée de cet article est surtout de donner un aperçu de la carrière de Little Billy, je ne reviendrai pas sur les discographies de Scarface et de Willie D et ne chroniquerai « que » les albums des Geto Boys et de Bushwick.

C’est parti ! 

Geto Boys : Making Trouble (1988)

Note : 1 sur 5.

Le premier album des Geto Boys n’en est pas vraiment un… Déjà, à l’époque, ils ne faisaient pas de fautes d’orthographe sur leur nom (ils s’appelleront Ghetto Boys jusqu’en 1990) mais, surtout, les membres du groupe n’étaient pas les mêmes ! 
Si Bushwick Bill est bien sur la pochette du disque, il ne rappait pas à cet époque et les MCs avaient pour nom Sire Jukebox et Prince Johnny C.
DJ Ready Red, principal compositeur/beatmaker du groupe jusqu’en 1991, était déjà là mais, bon, on va dire qu’il débutait… 
Making Trouble est souvent considéré comme une énorme foirade, un raté XXL, et ce n’est pas loin d’être vrai tant des morceaux comme Balls and My Word, Snitches ou Geto Boys Will Rock You sont insupportables.
Reste que ce disque contient Assassins, une piste de malade mental considérée aujourd’hui comme la pierre fondatrice du style horrorcore, qui influencera nombre de groupes et sera même plus tard réenregistrée par les Geto Boys.
Mais à part ce morceau et peut-être un ou deux autres (Making Trouble, One Time Freestyle), c’est quand même sacrément mauvais.

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Geto Boys : Grip It! On That Other Level (1989)

Note : 4 sur 5.

Suite à l’échec du premier album, J. Prince – fondateur du label Rap-A-Lot, qui produira tous les albums des Geto Boys – décide de virer les deux premiers rappeurs du groupe et de les remplacer par des gars du coin : Willie D et Akshen, qui prendra plus tard le nom de Scarface.
Parallèlement, Bushwick Bill a vu la Muse et s’est décidé à rapper !
Le changement est radical. Si les productions de DJ Ready Red restent très old school, elles ont largement gagné en qualité, et les trois nouveaux MCs font des étincelles avec leurs textes de psychopathes et leurs flows tout en puissance !
On peut imaginer le choc d’entendre un truc pareil en 1989, je ne crois pas avoir déjà écouté quelque chose d’aussi hardcore pour ma part !
Gangsta Of Love est le morceau le plus salace de l’histoire, Mind Of A Lunatic détaille les aventures d’un nécrophile sur une instru super funky et, dans Size Ain’t Shit, Bushwick Bill règle ses comptes avec ceux qui se foutent de lui à cause de sa taille.
Album révolutionnaire mais à ne pas mettre entre toutes les oreilles, Grip It! On That Other Level va effectivement amener les Geto Boys à un autre niveau ! 

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Geto Boys : The Geto Boys (1990)

Note : 5 sur 5.

Dès le début de leur carrière, les Geto Boys n’ont rien fait comme les autres, ainsi à peine un an après Grip It!, ils réalisent une sorte de remix de l’album… en mieux !
C’est qu’entre temps, Rick Rubin, un producteur visionnaire qui a déjà œuvré pour les Beastie Boys, Run-DMC et Public Enemy, s’est intéressé à eux.
Il vient de fonder son propre label, Def American Recordings, et propose un deal à Rap-A-Lot pour ressortir l’album en co-production. Pour la bande de dingos de Houston, c’est l’assurance d’une plus grande visibilité et d’une bien meilleure distribution, ils n’hésitent donc pas !
Considéré comme un album de remixes, The Geto Boys est en vérité beaucoup plus que ça puisque tous les morceaux ont été réenregistrés et modifiés. Bushwick Bill est plus nerveux que jamais, il se dépouille sur le micro tandis que Rick Rubin gonfle les productions de DJ Ready Red, leur donnant une puissance monstrueuse !
Assassins, la tuerie du premier album, est réenregistré par les trois MCs et deux morceaux passables de Grip It! (No Sell Out et Seek & Destroy) sont remplacés par deux tueries (Fuck ‘Em et City Under Siege). L’ensemble gagne en cohésion et représente, à mes oreilles, la quintessence du début de carrière des Geto Boys. 

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Geto Boys : We Can’t Be Stopped (1991)

Note : 4 sur 5.

Si We Can’t Be Stopped est le plus gros succès de l’histoire des Geto Boys, c’est probablement pour deux raisons. La première, c’est la pochette du disque, dont j’ai déjà évoqué la genèse dans ma nouvelle Billy & Melpomène. La deuxième, c’est le single My Mind Playin’ Tricks On Me, composé de trois couplets de Scarface et d’un dernier, dément, de Bushwick, dont les ventes conséquentes ont servi de fer de lance à l’album.
Mais évidemment, on ne peut pas résumer We Can’t Be Stopped à sa pochette et son single tant le reste de l’album est de haute volée. L’ami Bushwick nous livre son déjanté Chuckie, dans lequel il se voit à travers la poupée tueuse du film, puis il s’en prend à Bush (tout court) dans Fuck A War. Scarface s’offre aussi quelques solos et cartonne toutes les instrus avec son flow tranchant, cependant que Willie D fait ce qu’il sait faire de mieux, à savoir se la raconter !
Un très bon album à écouter en famille !

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Bushwick Bill : Little Big Man (1992)

Note : 3 sur 5.

Nous voilà arrivés au premier album solo de Billy !
À l’image de la pochette du disque, c’est foutraque et vite fait. Bushwick Bill en solo, c’est du brut de décoffrage et ça ne s’embarrasse pas d’artifices !
À chaque fois que j’écoute cet album, je ne pas peux m’empêcher d’imaginer Bushwick en train de sauter partout dans le studio, se jetant sur ses potes, rappant, toastant, chantant et hurlant, une bouteille de vodka à la main ! 
Little Big Man est loin d’être un disque parfait. Le son est assez dégueulasse, certains morceaux sont négligés, mais c’est aussi l’album qui contient Ever So Clear, Skitso (qui reprend le texte de Mind Of A Lunatic), Call Me Crazy ou Don’t Come To Big, autant de morceaux qui forgeront la légende de Chuckwick.
En définitive, ce premier solo est une parfaite illustration de ce que sera la carrière de Bill : une alternance de morceaux touchants et de titres hardcore, un super flow et beaucoup de talent mais un je-m’en-foutisme hallucinant, des productions inégales mais quelques pépites. 

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Geto Boys : Uncut Dope : Geto Boys’ Best (1992)

Note : 3 sur 5.

Après seulement quatre ans d’existence, les GB sortent un best of ! Alors on pourrait considérer ça comme une arnaque, mais le fait est que ce disque contient trois inédits dont un, Damn It Feels Good To Be A Gangsta, est un putain de chef-d’œuvre et probablement l’un des tous meilleurs morceaux du groupe !
À part ça, le choix des sons est discutable (pourquoi avoir remis l’épouvantable Balls And My Word de Making Trouble ??) mais c’est une bonne entrée en la matière pour ceux qui ne connaissent pas les Geto Boys. 

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Geto Boys : Till Death Do Us Part (1993)

Note : 4 sur 5.

On ne peut stopper les Geto Boys, on le sait depuis deux ans à peine et les gars enchaînent avec un nouveau classic album ! Till Death Do Us Part, moins connu que son prédécesseur, n’en est pas moins un des disques majeurs du groupe. 
G.E.T.O. ouvre les hostilités et d’emblée on peut remarquer qu’il manque quelque chose, ou plutôt quelqu’un… Willie D a en effet temporairement quitté le groupe et, sur cet album, il est remplacé par Big Mike, un excellent MC originaire de la Nouvelle-Orléans. N’ayant jamais été un grand fan de Willie D, je dois dire que son absence sur ce disque ne m’a pas trop perturbé… 
Till Death Do Us Part ne contient pas de véritables hits, mais il est efficace de bout en bout et se termine sur un jouissif et bordélique Bring It On, morceau collectif invitant une douzaine de rappeurs !

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Bushwick Bill : Phantom Of The Rapra (1995)

Note : 4 sur 5.

S’il y a bien une chose sur laquelle tout le monde s’accorde ici bas – plus encore que sur le fait que la Terre est ronde, que Kanye West tourne autour du soleil et que les idées dominantes, même sur les réseaux sociaux, sont celles de la classe dirigeante – c’est que le deuxième disque de Bushwick Bill, Phantom Of The Rapra, est son meilleur album solo !
Plus travaillé que Little Big Man, mieux produit, mieux construit, mieux écrit, cette plongée dans la psyché du Dr. Wolfgang Von Bushwicken the Bavarian Bill s’avère une invraisemblable descente aux enfers.
Les synthés aux sonorités west coast, présents tout au long de l’album, accentuent le côté poisseux et lourd des instrus lentes sur lesquelles pose Bushwick, comme s’il rappait sous un ciel orageux dans la chaleur étouffante des rues du Fifth Ward, son ghetto de résidence à Houston.
La misère n’est pas moins terrible au soleil et heureusement qu’Aznavour n’a jamais croisé Bill… Un album sombre, dur, sincère, lourd, pesant. Suffocant.

I wake up every day to the agony, sufferin’ and sorrow
Tragedies be havin’ me too sad to see tomorrows
But I just say « Fuck it », take a deep breath
Get my heat set, and make the streets sweat… 
(Bushwick Bill : Already Dead)

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Geto Boys : The Resurrection (1996)

Note : 5 sur 5.

Puisque Willie D avait quitté le groupe pendant quelques années et que Bushwick Bill n’avait cessé de répéter dans son précédent album qu’il était « déjà mort » (Already Dead), il fallait bien au moins une résurrection pour retrouver les Geto Boys au complet !
Histoire de remettre les pendules à l’heure direct, l’album démarre avec Still, un morceau d’une violence et d’une noirceur à toute épreuve, difficile de démarrer plus efficacement ! Mais les mecs ont appris à lever le pied, ou en tout cas à faire des morceaux d’apparences plus cools, et on enchaîne ensuite avec The World Is A Ghetto et ses refrains R&B qui donnent un côté tubesque à un titre pourtant réellement sombre : 

And little babies sittin’ on the porch smellin’ smelly
Cryin’ ’cause they ain’t got no food in they bellies
They call my neighborhood a jungle
And me an animal, like they do the people of Rwanda

Le reste de l’album est dans la même veine, des couplets puissants et des refrains efficaces, et les morceaux s’enchaînent sans fausse note aucune.
L’année 1996 fut assez incroyable en terme de hip hop, c’est l’année du All Eyes On Me de 2Pac, de Reasonable Doubt de Jay-Z, It Was Written de Nas, ATLiens de Outkast, c’est peut-être pour ça que ce disque n’a pas été instantanément considéré comme un album majeur, il est sorti au milieu de trop de classic albums !
En tout cas, quasiment toutes les chroniques que je lis aujourd’hui confirment ce que je pense depuis assez longtemps : The Resurrection est sûrement le tout meilleur album des Geto Boys.
Et alors qu’on se dit que les sons prennent un petit coup de mou autour de la plage 10, Bushwick Bill, probablement tout juste sorti de l’asile du coin et toujours dans sa camisole de force, nous livre un I Just Wanna Die renvoyant les « gothiques » à leurs études !
Quinze ans après sa sortie, et contrairement à la plupart des autres disques des Geto Boys, cet album n’a pas pris une ride et, pour ma part, s’il ne devait en restait qu’un, ce serait celui-là. 

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Bushwick Bill : No Surrender… No Retreat (1998)

Note : 1 sur 5.

The Resurrection aura été le climax de la carrière des Geto Boys, The Phantom Of The Rapra celui de la carrière de Bushwick Bill qui, après 1996, ne va plus livrer le moindre vrai bon disque. 
No Surrender… No Retreat est d’une nullité sidérante et il n’y a qu’une seule explication à une telle catastrophe : la négligence. Billy erre avec ses fantômes et sa bouteille et ne rentre plus en studio que quand il a besoin de thunes. Cela donne un album fait en une demi-heure avec même des morceaux sur lesquels il oublie de rapper et laisse défiler l’instru ou ses potes faire le taf ! 
La production est calamiteuse et bousille les rares sons qui auraient pu sauver les meubles (5 Element Combat, Tragedy).
Un album à enterrer Six Feet Deep

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Geto Boys : Da Good, Da Bad & Da Ugly (1998)

Note : 2 sur 5.

En 1998 les Geto Boys reviennent… sans Bushwick ! Officiellement, Billy voulait se consacrer à sa carrière solo mais quand on voit les daubes qu’il a sorti à cette époque, on se dit plutôt qu’il avait surtout envie de faire la bringue et de ne rien foutre, mais c’est aussi un peu pour ça qu’on l’aime !
Et que sont les GB sans leur MC de poche ? Et bien, le moins que l’on puisse dire c’est que l’absence est de taille ! Si Da Good, Da Bad & Da Ugly n’est pas une foirade digne de No Surrender… No Retreat, sorti quelques mois plus tôt, il ne restera pas pour autant dans les annales. 
Passé Dawn 2 Dusk et Eye 4 an Eye, respectivement en piste 2 et 5, il n’y a plus grand chose à se mettre sous la dent. Et même si ce n’est pas mauvais, c’est très loin des « standards Geto Boys ».

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Bushwick Bill : Universal Small Souljah (2001)

Note : 1 sur 5.

À un moment, j’ai cru que Universal Small Souljah était mieux que No Surrender… No Retreat, mais dès la deuxième écoute je me suis aperçu que, bein, en fait non.
Le quatrième solo de Bushwick Bill a été fait à la même allure et de la même manière que le troisième, c’est à dire rapidement et sans aucun travail artistique, il n’y a qu’à voir la pochette… 

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Geto Boys : The Foundation (2005)

Note : 2 sur 5.

Scarface, Willie D et Bushwick Bill enfin réunis neuf ans après The Resurrection ! L’Association des Mamans Puritaines d’Amérique du Nord est sur les dents, le Président des Etats-Unis fait déployer l’armée dans les rues de Houston et les chaînes d’infos interrompent leurs programmes… Bon, j’exagère, mais à peine ! 
Et au final ça donne quoi ? Et bien disons que, sur cette livraison, les avis divergent. J’ai lu quelques chroniques dithyrambiques à propos de The Foundation et d’autres bien moins enthousiastes. Pour ma part, je n’ai jamais vraiment accroché à cet album même si je dois reconnaître que la production est impeccable.
Il manque un petit truc. Et puis les mecs ne semblent plus avoir grand-chose à dire.
En fait, s’il n’y avait le morceau G-Code – qui fut comme un médicament pour moi en 2020, année pendant laquelle il fallait être constamment dans l’illégalité pour continuer à vivre – je ne réécouterais quasiment jamais cet album… 
Comble du comble, G-Code est un morceau solo de Scarface, et le seul solo de Bushwick, Dirty Bitch, est catastrophique ! 

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Bushwick Bill : Gutta Mixx (2005)

Note : 1 sur 5.

Dans le genre escroquerie, cet album-là vaut son pesant de weed ! Gutta Mixx est un drôle de truc qui, pour le coup, ressemble bien à Chuckwick ! 
En fait, notre MC fainéant préféré s’est amusé à réenregistrer ses vieux textes sur de nouvelles instrus. Alors évidemment, c’est mieux que ces deux derniers solos puisque les textes sont – relativement – bons. Mais pour le reste… 
Chaque morceau est affublé d’un qualificatif en « mix » (clubmix, latinmix, streetmix…) qui n’a en vérité que peu de choses à voir avec la chanson et le tout sonne bancal, mal fait, bizarre. 
Objectivement, c’est mieux que No Surrender ou Small Souljah mais ça ne peut pas décemment prétendre glaner deux étoiles… 

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Bushwick Bill : My Testimony Of Redemption (2009)

Note : 2 sur 5.

Si j’ai fini par écrire une petite histoire dont Bushwick Bill est le héros, c’est bien parce que ce gars-là est un vrai personnage de roman ! 
Né en Jamaïque, grandissant à New York mais connaissant le succès à Houston, s’imposant dans le rap malgré son nanisme, survivant à un coup de pistolet dans l’œil, livrant autant de chef-d’œuvres que de morceaux foireux et enfin… trouvant le salut dans la foi ! 
Ce n’est pas une blague. En 2006, Richard S. Shaw, a.k.a. Bushwick Bill, devient born again christian et écrit bientôt son « testament de rédemption », titre de son dernier album, sorti trois ans après qu’il ait adopté Jésus dans son cœur (et heureusement pas dans son foie).
Ce qui est dingue, c’est que l’album débute par ce qui est, sans aucun doute possible, le meilleur morceau de Bushwick depuis une douzaine d’années : Takin’ It Back. Et si le reste de l’album est moins percutant, il n’en demeure pas moins tout à fait écoutable, surtout pour un album de rap chrétien !
En fait, Bushwick a retrouvé l’envie de faire de la musique et d’écrire, et cela se sent. Alors, je ne vais pas dire que c’est mon album préféré hein, d’autant que les morceaux avec Jesus et God partout ça a tendance à me saouler mais bon, objectivement c’est bien meilleur que tout ce qu’il a pu faire depuis… The Resurrection !
Tout un symbole !

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Bushwick Bill meurt le 9 Juin 2019, d’un cancer du pancréas, quelques mois seulement après le décès de DJ Ready Red. Lors de ses dernières interviews, il évoque un nouvel album dont personne ne sait aujourd’hui s’il a eu le temps de le finir et s’il sortira un jour…

Si vous n’en avez pas encore assez, vous pouvez aller écouter le podcast du blog Hip Hop Stoold shries qui revient sur l’histoire du label Rap-A-Lot, la maison de disques historique des Geto Boys.

3 commentaires sur “Bushwick Bill & Geto Boys

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