Osijek

1 – 4 août

Après la côte Adriatique, la Lika et Zagreb, j’ai continué mon exploration des différentes régions du pays en me rendant à Osijek, la plus grande ville de Slavonie, province la plus orientale de Croatie, voisine de la Serbie, de la Hongrie et de la Bosnie.

Osijek est située sur la rive droite de la Drave, rivière qui prend sa source en Italie et se jette dans le Danube à une vingtaine de kilomètres à l’est de la ville, le fleuve marquant alors la frontière naturelle entre la Croatie et la Serbie.
La Slavonie, peu vallonnée, est essentiellement une région de plaines et de rivières où les champs de blé s’étendent sur des kilomètres au bord des routes, elle offre donc un décor assez différent de ce que j’avais vu jusqu’ici en Croatie. C’est aussi une province bien moins courue des touristes étrangers et on n’y entend plus parler anglais partout. Un bon endroit, donc, pour enrichir un peu son répertoire de mots croates !

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Je suis arrivé à Osijek en fin d’après-midi et j’ai marché de la gare jusqu’au quartier résidentiel où j’avais réservé un logement pour trois nuits. Alors que je galérais avec mon gros sac sous un soleil de plomb, un orage a subitement éclaté et je suis arrivé trempé à la Guest House Talas.

Le propriétaire des lieux a appelé son fils pour qu’il fasse le traducteur car lui ne parlait pas un mot d’anglais, il a en revanche bien rigolé en décryptant ma carte d’identité, mes prénom, deuxième prénom et patronyme me donnant un nom à rallonge qui le faisait halluciner sur les blases interminables des francuski (français) ! Puis il m’a remis ma clef et je me suis retrouvé dans une grande chambre, la seule occupée au rez-de-chaussée de cette sorte de maison d’hôtes à l’ambiance plutôt relaxe et familiale.

Trois jours (à peine) pour découvrir une ville, c’est toujours trop peu, surtout pour moi qui aime flâner… Alors selon où je loge, ce que je remarque en premier ou ce dont j’ai entendu parler, j’ai tendance à me concentrer sur quelques quartiers en particulier. Dans le cadre d’Osijek, ça a été la vieille ville et les alentours de la Drave.

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La vieille ville d’Osijek se tient en une dizaine de rues et ruelles qui constituaient auparavant l’intérieur du fort Tvrđa, construit au XVIIIème siècle au bord de la Drave pour protéger la ville. À Tvrđa, on passe de l’église baroque Svetog Mihaela (Saint-Michel) et des imposants bâtiments de la place principale (Trg Svetog Trojstva) à de petites allées pavées bordées de longues bâtisses aux murs dont la peinture s’écaille. Entre deux logements abandonnés ou en travaux, on trouve des musées, des écoles, des restaurants, c’est un quartier très contrasté et étonnant, j’ai vraiment beaucoup aimé.

En plein après-midi, sous le soleil écrasant du mois d’août, la vieille ville prend même des airs d’Andalousie avec ses statues de saints catholiques et ses bâtiments blanc et jaune ocre baignés dans une lumière éclatante. Un côté western aussi, du fait des nombreuses bâtisses délabrées, des réverbères aux ampoules brisées et des rues retournées par les travaux de rénovation. (Voir Broken World VII)

C’est ici que j’ai visité le Musée de la Slavonie pour la modique somme de 20 kunas (environ 2€70), un très grand musée dans lequel on peut voir à peu près tout ce qui a été découvert ou fabriqué en Slavonie depuis que le monde est monde, des os de dinosaures jusqu’aux stylos promotionnels d’une banque locale.

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Pour ma deuxième soirée à Osijek, j’ai voulu aller pique-niquer sur les rives de la Drave mais cela s’est avéré impossible à cause des moustiques, en très forte supériorité numérique et méchamment agressifs. J’ai dû m’enfuir vers le fort en une retraite pathétique, battant des mains dans les airs comme un fou luttant contre un ennemi imaginaire…

Dans la journée, j’étais passé sur la rive gauche pour aller « visiter » les catacombes. Tout près, il y avait un des monuments dédiés aux habitants de la ville tués durant la guerre de Croatie (qu’on appelle ici domovinski rat, « guerre de la patrie ») et j’y avais pris une claque en voyant les centaines de noms inscrits dessus. Les horreurs de la guerre ne sont quasiment plus visibles sur la côte ou à Zagreb, mais il est difficile d’y échapper en Slavonie, et pour cause, ce fut la région la plus touchée du pays.

Les combats à Osijek furent intenses mais la ville ne fut jamais prise. Au carrefour de la rue Kneza Trpimira et de la route de Vukovar, l’installation artistique de la « Fiat rouge » (Fićo gazi tenka!), détournement d’un événement ayant réellement eu lieu, est là pour rendre hommage à la résistance des habitants d’Osijek !

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Arrivé le 1er août au soir et reparti le 4 en début d’après-midi, je n’ai en définitive passé que deux jours pleins à Osijek, un court séjour pendant lequel il m’a aussi fallu planifier la suite de mon voyage et en partie mon retour en France, qui approche dangereusement. Ce sont les joies du voyage improvisé, il faut de temps en temps se réserver des créneaux pour décider de la suite à donner au périple et s’organiser un peu !

Le jour de mon départ, après avoir pris un café dans un bar bien punk, j’ai traîné sur un des petits marchés de la ville puis je me suis posé sur un banc dans un parc d’où j’ai vu une bande d’anciens débattre à grands gestes devant ce qui me semblait être un saloon, car Osijek a définitivement un petit côté « Far East »… Enfin, j’ai acheté un börek dans une pekara puis j’ai attendu à la gare routière, debout au milieu de tous ces gens en partance ou en transit, leurs sacs sur le dos ou à la main, prêts à quitter la ville.

Episode 7 : Vukovar.

4 commentaires sur “Osijek

  1. Ping : Zagreb, premier passage – Zuun Zug

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