• La Montagne Noire

    (Sur un air de sevdah – part. 4)

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    La suite du voyage nous éloigne un peu de la sevdah puisqu’on quitte la Bosnie-Herzégovine. On reste cependant à ses frontières, au Monténégro. Ce ne sera donc pas une chanson de sevdah qui illustrera cet article, mais un morceau ambient que j’ai réalisé en rentrant de ce voyage et qui contient un enregistrement de la mer Adriatique réalisé à Sutomore, sur la côte monténégrine, et plus précisément sur la plage Devachen, un lieu semi-secret et magique auquel on accède en traversant un tunnel de 400 mètres… Devachen :

    Nikšić :

    Après environ deux semaines en Bosnie-Herzégovine, je suis arrivé au Monténégro via un tout petit poste-frontière dans les montagnes, à une trentaine de kilomètres au sud de Foča, où je venais de passer deux jours. En arrivant par ici, d’emblée, le paysage est magnifique. Je songe à m’arrêter à Plužine, mais je pousse finalement jusqu’à Nikšić. Si vous êtes déjà allé en Ex-Yougoslavie, il y a de grandes chances que vous connaissiez ce nom grâce à (ou à cause de) la bière qu’on y brasse, la Nikšićko, une des plus célèbres des Balkans !

    Je suis resté trois jours à Nikšić mais, à cause d’un sévère lumbago, je n’ai pas pu y faire tout ce que je voulais. J’y ai quand même vu l’impressionnant Monument des Partisans Communistes et la superbe Forteresse de Bedem, d’où viennent plusieurs des photos qui suivent…

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    Podgorica :

    Après des semaines à voyager en bus, j’étais heureux de découvrir une gare ferroviaire à Nikšić, et c’est de là que je suis parti pour rejoindre la capitale du pays, Podgorica. Au Monténégro, de nombreuses villes ont des noms en lien avec la montagne. Le nom même du pays, évidemment, Crna Gora en version originale, veut dire Montagne Noire. Podgorica signifie plus quelque chose comme Sous la petite montagne, mais la ville avait été renommée Titograd durant toute la période yougoslave !

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    J’ai adoré Podgorica. J’avais entendu beaucoup de choses sur cette ville, que les voyageurs et touristes semblent ne pas trop aimer. La raison en est assez simple : Podgorica n’est pas une capitale destinée aux touristes, c’est juste une ville normale avec des habitants dedans. Il n’y a pas pléthore de musées, de clubs, de spots pour expatriés et voyageurs, tout le monde ne parle pas anglais… Si on ajoute à cela que la nature tout autour est magnifique (la mer n’est pas loin, les montagnes assiègent la cité…), on a une ville où les touristes ne passent qu’une nuit en descendant de leur avion, avant de se casser. Ainsi, ils ne découvrent pas vraiment Podgorica, son ambiance, ses différents quartiers, ses bars, ses restaurants, ses parcs… On avait vécu la même chose avec Oulan-Bator, en Mongolie, ville méprisée par les touristes dans laquelle nous avions fait de superbes rencontres et vécu des choses incroyables. Encore une preuve qu’il faut toujours aller voir par soi-même plutôt que d’écouter les on-dit…

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    Sutomore :

    Étant déjà allé plusieurs fois sur la côte monténégrine, j’ai cherché une destination que je ne connaissais pas, et c’est tombé sur Sutomore. Sutomore est une superbe petite ville calée entre les montagnes et la mer, c’est très vivant et très peuplé en été, mais ça n’en reste pas moins magnifique ! Mon lumbago de Nikšić m’a empêché ici aussi de trop grimper aux montagnes, je me suis donc rabattu sur le bord de mer, c’était pas mal non plus !

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    Après trois jours de chaleur intense, j’ai quitté Sutomore sous l’orage et suis retourné traîner un peu à Podgorica… J’ai quitté le Monténégro le 6 août dans le train Tara qui va jusqu’au nord de la Serbie. Je me suis arrêté à Belgrade, où j’ai encore passé trois jours complétement déments avant de prendre pour de bon le chemin du retour.

    (Encore deux articles à suivre avant la fin de la série…)

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    Devachen :

    Visuel : Malka
    Article & musique : Manu

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  • Broken World VIII

    « Chaque génération a ses illusions par rapport à la civilisation ; les uns pensent qu’ils contribuent à son essor, les autres qu’ils sont les témoins de son déclin. » (Ivo Andrić)

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    Entre 17 juin 2018 et le 31 août 2021, j’ai publié 7 articles dans la catégorie Broken World. Si je n’en ai pas sorti depuis, ce n’est pas que je manquais de photos sur ce thème, au contraire, c’est que j’en avais trop et qu’en faire le tri me semblait impossible ! Entre mes virées à répétition dans les Balkans et mes voyages en Asie, j’ai en effet exploré beaucoup de « mondes brisés » ces dernières années, même s’il n’y a en vérité pas besoin d’aller si loin pour voir des usines fermées, des maisons à l’abandon, des édifices en ruines, des tags de désespoir…

    Bref, j’ai fini par avoir assez de temps pour faire le ménage dans mes dossiers photos et j’ai décidé de relancer la série. Comme d’habitude, l’idée c’est : peu de textes, quelques citations et 15-20 photos prises à des dates et dans des lieux parfois très éloignés les uns des autres.

    L’épisode IX devrait suivre assez rapidement…

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    Photo en une : Visoko, Bosnie-Herzégovine, 13.07.2024

    Photo « mur jaune » : Huế, Viêt Nam, 9.02.2024 ; Citation : Mahmoud Darwich

    Dernière photo : Busan, Corée du Sud, 22.03.2023 ; Citation : Bekim Sejranović

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  • Viêt Nam III

    « Could it be that all his efforts had been mistaken or that what he had dreamed of was only the reflection of a palace upon the waters of a phantom river? He asked but dared not answer. » (Duong Thu Huong – The Zenith)

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    Pays : République socialiste du Viêt Nam

    Période : 22/01/2024 – 14/02/2024

    Villes & alentours visités : Hô Chi Minh City (ex Saigon), Cần Thơ et Châu Đốc (Delta du Mékong), Nha Trang, Hội An, Huế.

    Kilomètres parcourus : ≃ 2600 (train, bus, scooter).

    Time Zone : UTC/GMT +7

    Météo : Très chaude et ensoleillée (sauf trois jours froids et pluvieux à Huế).

    État mental : Second.

    Citation : « Le sage, c’est celui qui voyage léger. » (John Snelling)

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    J’ai fini mes quatre semaines au Viêt Nam dans un état d’épuisement avancé. Les vingt-quatre heures de train entre Huế et Hô Chi Minh City deux jours avant de prendre l’avion du retour n’y ont pas été étranger… Nous venions d’entrée dans la nouvelle année (année du Dragon, selon le calendrier chinois) et étions en plein Têt (période autour du nouvel an), Hô Chi Minh City La Bouillante était donc un peu plus calme que d’habitude, ce qui m’allait parfaitement.

    Lors de mon vol de retour, j’ai eu une correspondance de dix heures en Chine et je me suis dit que ce serait ça mon prochain grand voyage : la Chine. Mais vu mon état de fatigue, j’ai peut-être juste divagué…

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