• Steppe by steppe (Jour #10)

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    19 Mai 2017

    Je me lève avant Malka et après avoir pris un thé dans la yourte familiale, le père me propose un tour en moto. On part donc pour près d’une heure dans les steppes, on rapproche les troupeaux qui se sont éloignés et du coup on se retrouve à rouler en Mustang, cheveux au vent (les casques n’existent pas ici ), avec une dizaine de chevaux qui courent à côté de nous, un truc de dingue… On s’arrête prendre un thé dans une autre famille, je cours attraper une chevrette égarée, on repart puis le daron me demande de récupérer un énorme tonneau en plastique qui traîne là. Je me retrouve en putain d’équilibre précaire à l’arrière de la moto, une chèvre dans une main, un tonneau dans l’autre! De retour à la yourte, on ne tarde pas à dire au revoir à la famille et on s’arrache pour notre deuxième jour de marche.

    Aujourd’hui on part pour une petite dizaine de kilomètre, à la cool, d’autant qu’il n’y a plus de vent comme hier. À un moment, on est rejoint par un troupeau de chevaux qui nous suit sur une ou deux bornes, la classe! On marche peut-être deux heures et, à notre grande surprise, on se retrouve au niveau de la deuxième tortue de pierre de Kharkhorin, ce qui montre à quel point Karakorum devait être étendu à l’époque. C’est là qu’on décide de faire notre pause repas, et un mouton égaré passant par là se joint à nous… Après ça on arrive rapidement dans l’autre famille, ils sont quatre, et ils sont extras! Il y a trois enfants, une minus trop marrante et deux jeunes de dix et quatorze ans. Celui de dix piges, Osokh, n’arrête pas de nous tchatcher, de nous montrer des trucs, de nous aider pour tout et n’importe quoi et de nous poser des questions, on devient pote en moins de deux! La maman est toute jeune et toute relaxe et, d’après ce qu’on a compris, le père taffe sur Ulaanbaatar. Je ne suis pas totalement dedans au début, trop fatigué pour communiquer, avec comme l’impression d’avoir utilisé tout mon quota de sociabilité ces derniers jours, heureusement l’ambiance va être tellement super que je reprendrai rapidement la forme, et quand on reparlera de cette famille plus tard dans notre voyage, on dira « la happy family »!

    Il faut dire aussi que leur yourte est installée dans le lieu le plus idyllique du monde : montagnes rocheuses, rivière, verdure, avec des chevaux, des yaks, des vaches qui paissent là… Dans la soirée, on trait les chèvres avec les minots qui sont tout contents de nous montrer comment on fait, on se marre bien! À un moment, le « chien de Tumuruu » est à deux doigts de se faire tuer par les clébards de la famille, ce qui ne l’empêche pas de rester, pire, maintenant il se cache derrière nous quand il se sent menacé par d’autres chiens! À 20H à peine, on est déjà complètement mort, on squatte la yourte avec tout la famille, sept là-dedans, on mange tous ensemble et on rigole toute la soirée, c’est la première fois qu’on se sent aussi à l’aise dans une famille depuis le début de notre voyage. On sort nos cahiers, les deux jeunes écrivent et dessinent dedans et, quand ils y voient l’hymne mongol (car oui, en Mongolie, on trouve l’hymne national sur certains cahiers d’école…), ils se mettent à nous le chanter la main sur le cœur! On se couche à 22H je crois, mais on est complètement rincé et on s’écroule en deux secondes.

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  • Steppe by steppe (Jour #11)

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    20 Mai 2017

    Je me réveille en premier dans la paisible yourte, il est 8H, je sors dehors pour aller pisser et là j’hallucine, toutes les collines autour de nous sont enneigées! Tsass (цас), neige, trop la classe! On prend le petit déj’ avec la happy family, tout le monde a le sourire, Anka la maman trop cool, les deux ados sympas, la petit rigolote, notre jeune guide Bendé et bien sûr nous deux! On part vers 11H, la family se met à la porte de la yourte et nous dit au revoir, ils vont nous manquer ceux là!

    C’est parti pour une marche d’une dizaine de bornes dans un décor somptueux, on croise plusieurs personnes qu’on reverra plus tard à Хөшөөт (Khushuut), le mini-bled où on pioncera le soir, on se fait une petite pause repas et, quelques minutes plus tard, un gars vient nous chercher et on fait les derniers kilomètres en caisse, on ne sait pas trop pourquoi… Le chien ne monte pas dans la voiture, on se demande comment il va finir, mais à peine une heure plus tard il est à la porte de notre nouvelle yourte! On arrive donc en « ville » et on rencontre les gens qui nous accueillent, la maîtresse de maison (si je puis dire) nous installe dans la yourte (il y a une maison en dure à côté et un grand jardin), il y a encore une colonie de gamins, genre cinq ou six, et on comprend qu’il y a plusieurs familles qui crèchent là ou alentours, on revoit même Batlaa! Après qu’on se soit posé un peu, Bendé nous emmène faire une balade dans le bled, c’est chez lui ici, il y a grandi et a maintenant une yourte juste à côté avec sa femme et son gosse, il nous fait donc découvrir tous les spots de cet improbable village digne d’un western. Des clôtures de bois, des yourtes et des baraques, des rues qui sont des chemins de sable, des bouteilles de verre éclatées partout, quelques mini markets posés ça et là, des chiens qui traînent la patte sous le soleil, un monastère à moitié détruit qui trône au milieu de la ville, une école, une usine fermée dont on squatte le toit pour voir l’ensemble de Khushuut et un terrain de basket déglingué, paniers sans filets, où on ira taper quelques shoots avec les jeunes du coin dans un silence pesant, genre les gamins nous dévisagent et les grands frères roulent des mécaniques, ambiance « ghetto » pas loin des vieux immeubles décrépits d’où on nous jette des « hello » hilares!

    Le soir, dans notre yourte, on est envahi par les mômes! On voit à peine les adultes et si on rigole bien avec les gamins, au bout d’un moment on n’en peut plus car les petits d’ici sont juste des dingos infatigables tandis que nous on est complètement mort! On s’est acheté deux bières fraîches au mini marché, on se les boit dehors en jouant avec les gamins qui ne nous lâchent pas d’une semelle. Plus tard, les petits vont enfin se coucher et on se retrouve avec Bendé qui nous confirme ce qu’on a cru comprendre aujourd’hui, à savoir qu’on rentre dès demain pour Oulan-Bator, ce qui ne colle pas car le voyage devait durer treize jours et non douze. On a un peu les boules et on se promet de tirer ça au clair le lendemain, en attendant on décide de profiter un max de cette dernière soirée dans l’Arkhangai et on reste dehors un moment à regarder les étoiles, taper dans la bouteille de vodka et écouter les chiens aboyer au loin… Oh univers!

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  • Steppe by steppe (Jour #12)

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    21 Mai 2017

    Matinée bizarre… On l’a un peu mauvaise, pourquoi est-ce qu’on rentre aujourd’hui? Personne ne semble en savoir plus que nous, si ce n’est qu’on se barre vers midi en covoiturage. On joue encore un peu avec les gamins, et avec quelques grands aussi, on mange de la viande à 10H du mat’ et à 13H le couple qui doit nous ramener jusqu’à Ulaanbaatar vient nous chercher. Sauf qu’on n’est pas parti tout de suite, loin de là!

    Ils sont repassés chez eux trois plombes puis ils ont été dire au revoir à environ tous leurs potes dans le village, à un moment ils ont même disparus dans une baraque et n’en sont revenus qu’une bonne demi-heure après. Au final, on est parti qu’à 14H30 avec en prime un bébé qu’ils ramènent chez ses parents à UB! Le trajet sera long, chemins de terre, routes désertes, villages fantômes, sable, poussière, collines, ligne blanche, nids-de-poule (et je dis à Malka : « on se croirait dans un épisode de Bip Bip et Coyote »), avec un chauffeur qui s’arrête à peu près toutes les demi-heures pour tout et n’importe quoi, en bref encore un trajet bien rocambolesque!

    On arrive à UB vers 20H, on voit Chuka, on discute un peu tous les trois et rapidement on lui pose la question, pourquoi est-ce qu’il nous manque un jour? Sur le coup elle ne pige pas, elle est surprise, jette un œil dans sa paperasse et tombe des nues, c’est bien elle qui s’est gourée, elle n’en revient pas et est carrément désolée! Elle nous propose donc de nous rembourser le dernier jour et l’histoire s’arrange comme ça, pas de problème. On décide de sortir un peu, on va dans un resto coréen à côté et on se tape un « spicy beef » avec deux bonnes bières fraîches. De retour à l’auberge, une putain de grosse douche (la première depuis six jours!) et puis l’un des fils de Chuka nous achève définitivement. Complètement épuisé, on se cale dans notre chambre et on comate, des images plein la tête, retour étrange après une douzaine de jours hors du monde, comment se remettre de ça? Faut-il d’ailleurs s’en remettre?

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