J’ai fait trois passages à Sarajevo durant ce voyage, deux en septembre et un en octobre. Pour cet article, j’ai focalisé sur les deux premiers, qui ont été fait sur un court laps de temps à une période où je ne voyageais plus en solitaire mais en binôme.
Au total, j’ai passé 10 jours dans la capitale de Bosnie-Herzégovine. C’est, avec Zagreb, la ville où j’ai passé le plus de temps durant ces « 100 jours dans les Balkans ». Sarajevo – je crois que n’importe qui y étant passé le dira – c’est avant tout une atmosphère. Une ambiance. Un truc dans l’air. Il est difficile d’expliquer ce qui est si prégnant et marquant dans cette ville mais cela doit être évidemment lié à son histoire, la récente mais aussi la plus lointaine…
Bref, encore une fois, je n’ai pas trop les mots. J’essaierai de faire plus long pour l’article du troisième passage !
Après trois jours à Kragujevac, j’ai dû retourner une nuit à Belgrade pour y récupérer ma carte d’identité oubliée à l’auberge de jeunesse ! J’ai donc décidé de rallier le Monténégro depuis la capitale serbe via le train Tara, qui est le seul à relier Belgrade à Bar en journée. Le prix du voyage est dérisoire mais il ne faut pas être pressé : 12 heures (+ 2 autres de retard dans mon cas) pour 475 kilomètres. Voir Seat 61 – Belgrade to Bar pour plus d’informations sur ce trajet exceptionnel.
Pour le reste, Bar a été une des plus belles étapes de tout mon voyage. Était-ce la mer retrouvée, le décor somptueux, l’improbable hôtel-bistrot-resto dans lequel j’ai créché, l’atmosphère en ville ou même, va savoir, le rakija ? En tout cas, ces trois jours sont passés comme une sorte de rêve éveillé.
Et puisqu’il est toujours compliqué de raconter ses rêves, je me contenterai de publier quelques-unes des images et des sonorités que j’en ai ramené…
Le voyage de Belgrade à Kragujevac n’est pas très long, mais quand vous le faites dans un bus sans climatisation alors qu’il fait 35°, vous le sentez passer !
Une fois arrivé à destination, j’avais encore 45 minutes de marche car mon logement était à l’autre bout de la ville. Sous un soleil de plomb, avec mon gros sac, j’ai sué et galéré dans les rues tout en esquivant les très nombreux « CRS » (ou plutôt leurs équivalents serbes) qui quadrillaient la zone. Je n’ai compris que plus tard que c’était à cause du match de foot entre l’équipe locale et le Partizan Belgrade, connu pour drainer des supporters quelque peu turbulents. Je revivrai ça encore une fois ou deux en Serbie…
Kragujevac fut une des cités les plus prospères de Yougoslavie grâce son immense usine Zastava qui employait – selon un de mes hébergeurs avec qui j’ai eu une longue discussion sur sa ville et son pays – plus de 50 000 personnes et dans laquelle on fabriquait à la fois des voitures et… des armes.
De ce passé glorieux, il ne reste pas grand chose, même si Kragujevac est une ville agréable. L’usine existe encore mais elle n’emploie plus que quelques milliers de salariés. La partie « arsenal » du complexe, dans laquelle les armes furent fabriquées pendant toute une période, est maintenant complétement laissée à l’abandon et n’est déblayée qu’une fois par an : pour l’Arsenal Festival qui a lieu chaque été ! Le reste du temps, on peut y trainer et explorer les lieux, ce que je n’ai pas manqué de faire évidemment, comme beaucoup d’autres avant moi au vu des centaines de tags et de graffitis.
Visuel de Zastava-5, par Malka
Exceptionnellement, la bande-son associée à cet épisode n’est pas un « pur » field recording mais un morceau du genre ambient/drone. Je l’ai composé en utilisant uniquement les enregistrements réalisés à Kragujevac. Certains ont été profondément modifiés, d’autres ont été mis en boucle, un dernier s’en est sorti presque indemne… L’entièreté de ce que vous entendez vient donc de mes field recordings et rien n’a été ajouté, ce qui nous fait rester dans le concept !
Statue à l’entrée de l’usine.Photos du Knežev Arsenal laissé à l’abandon…Sur la route de Kragujevac.Monument « Interrupted Flight » dans le Šumarice Memorial Park.Pour situer…