La Mémoire Et La Mer (Il n’y a pas de fin – Part. 6)

De Granville (Normandie) à Donostia (San Sebastián, en Espagne), ces mois de Juillet et Août ont été placé sous le signe de l’océan Atlantique et de la côte Ouest. Pendant des semaines, j’ai eu en tête ce monumental morceau de Léo Ferré, « La Mémoire Et La Mer ». Difficile de faire mieux, pour évoquer l’océan, que ce poème exceptionnel de feu (fou) Léo.

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Cette rumeur me suit longtemps 
Comme un mendiant sous l’anathème
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Cette rumeur qui vient de là 
Sous l’arc copain où je m’aveugle
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Et le diable des soirs conquis 
Avec ses pâleurs de rescousse
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Celui que je voyais briller 
Aux doigts du sable de la terre
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Cette bave des chevaux ras 
Au ras des rocs qui se consument
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Dieux des granits, ayez pitié 
De leur vocation de parure 
Quand le couteau vient s’immiscer 
Dans leur castagnette figure
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Reviens fille verte des fjords 
Reviens violon des violonades
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Ô parfum rare des salants 
Dans le poivre feu des gerçures 
Quand j’allais, géométrisant, 
Mon âme au creux de ta blessure
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Quand il pleure de ces temps-là 
Le froid tout gris qui nous appelle
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Comme le trémail de juillet 
Où luisait le loup solitaire
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Je suis sûr que la vie est là 
Avec ses poumons de flanelle
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Les coquillages figurant 
Sous les sunlights cassés liquides 
Jouent de la castagnette tant 
Qu’on dirait l’Espagne livide
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Je suis le fantôme jersey 
Celui qui vient les soirs de frime
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Un bateau, ça dépend comment 
On l’arrime au port de justesse 
Il pleure de mon firmament 
Des années lumières et j’en laisse
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Cette rumeur qui va debout 
Dans la rue, aux musiques mortes
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Une mathématique bleue, 
Dans cette mer jamais étale
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Ô l’ange des plaisirs perdus 
Ô rumeurs d’une autre habitude 
Mes désirs dès lors ne sont plus 
Qu’un chagrin de ma solitude
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Et qui gueule dans le désert 
Des goémons de nécropole
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Dans le port fanfare les cors 
Pour le retour des camarades

Textes : Léo Ferré (« La Mémoire Et La Mer »)
Photos : Manu, sauf « Et qui gueule… » : Malka

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