Comme je l’ai écrit dans l’article précédent, Zuunzug travaille sur des morceaux à textes qui, musicalement, se situeront quelque part entre ce que connaissez de nous (des sons plutôt trip-hop, voir ambient) et ce que j’ai fait pendant plus de dix ans avec mon groupe de rap La Dernière Mesure. Mais ces nouvelles créations vont être longues à terminer, et encore plus longues à enregistrer, Zuunzug va donc continuer à tracer sa route avec des morceaux instrumentaux d’ici là, et même pendant et après d’ailleurs ! Voici donc, pour commencer l’année, une nouvelle piste sur laquelle, pour le coup, vous allez bien entendre des voix, mais pas les nôtres !
En 2022, lors de mon long voyage dans les Balkans, j’ai passé une nuit dans la petite ville de Slatina, en Croatie. Le lendemain, alors que j’attendais mon train dans la gare à moitié détruite de la ville, un groupe de personnes âgées parlaient et riaient juste à côté de moi. Je ne comprenais pas ce qu’ils racontaient mais ça avait l’air très drôle ! J’ai pris mon recorder Zoom et je les ai enregistré. À un moment, il y a eu quelques mots d’anglais dans la discussion mais je n’ai compris ce qu’ils se disaient à ce moment-là que des semaines plus tard lorsque j’ai réécouté la bande… L’un des hommes avait rencontré un (probable) touriste qui lui avait posé une question en anglais mais il lui avait répondu que « no English » et… « fuck you » ! Vu la situation dans laquelle j’étais, juste à côté de lui, quand il racontait cette histoire, j’ai trouvé ça assez drôle aussi ! Deux ans plus tard, j’ai fait ce petit morceau en guise de souvenir !
Il m’aura donc fallu plus d’un an pour finaliser ce vaste récit de voyage composé de 26 articles, 26 bandes-son/field recordings, de dizaines de photos et même de posts « hors-séries » ! Mais c’est que le périple fut impressionnant :
– Parti le 1er août 2022, je suis revenu le 9 novembre 2022, soit exactement 100 jours de voyage (ce qui était parfaitement involontaire) ! – J’ai parcouru environ 7220 kilomètres, en bus et en train uniquement. Le chiffre est approximatif mais c’est dans ces eaux-là… – J’ai dormi dans 32 villes et 7 pays différents, même si 6 de ces pays n’en formaient qu’un seul il y a encore une trentaine d’années… – Et, accessoirement, j’ai réalisé plus de 20 heures d’enregistrements audio avec mon recorder Zoom H4N Pro !
De ces nombreuses heures d’ambiances sonores, j’ai donc tiré 26 pistes, désormais regroupées en un album de 1 heure 47 minutes baptisé A Hundred Days in the Balkans (Cent Jours dans les Balkans), disponible en téléchargement sur Bandcamp.
L’album est téléchargeable gratuitement mais vous pouvez aussi payer ce que vous voulez pour soutenir Zuunzug. Il y a juste à inscrire la somme (0 ou plus) après avoir cliqué sur Acheter l’album numérique/Buy digital album.
La qualité des morceaux est assez inégale, cela est dû non seulement aux enregistrements – qui ont été réalisés dans des conditions parfois très différentes les unes des autres – mais aussi à quand et où j’étais lorsque j’ai retravaillé mes field recordings pour en faire les bandes-son des articles. J’ai en effet commencé à bosser sur ce projet dès le mois d’août 2022, alors que le voyage ne faisait que débuter et que je n’avais évidemment pas accès à mon home-studio. À mon retour, la réalisation des morceaux s’est encore étalée sur un an, avec une façon de travailler et des idées qui ont évolué au fur et à mesure, il n’a donc pas été facile d’harmoniser la qualité sonore tout au long du processus ! Malgré ça, je pense que cet album garde une certaine forme de cohérence, qu’on peut l’écouter d’une traite et que le son reste relativement correct de la première à la dernière piste.
Et ce sera donc par ce recueil d’ambiances sonores que je clôturerai enfin la « saga » 100 jours dans les Balkans. Merci à tous ceux qui ont suivi mes interminables aventures 😉 Dans un souci de clarté (difficile à obtenir dans les limites du format blog), je remets ici tous les articles dans l’ordre :
« Tout ce qu’en cet instant je ressentais et comment, ce que je voyais, sentais, entendais, concevais, comprenais, nul ne l’avait sans doute jamais ressenti auparavant, ni ne le ressentirait. Le pire, c’est que je n’ai jamais pu raconter ça à personne, et que ce soit compréhensible ou ne serait-ce qu’un tant soit peu crédible. Ce dont je vous parle est moins tangible encore qu’une ombre dans une chambre sombre. » Bekim Sejranović (Ton fils Huckleberry Finn)
Je suis arrivé à Šibenik, sur les bords de la Mer Adriatique, le 1er novembre, alors que la saison touristique était complétement terminée et que mon périple touchait à sa fin. C’était il y a plus d’un an maintenant… Il faisait encore beau et j’ai passé trois jours plutôt cools et calmes dans cette jolie ville. J’en étais à trois mois de voyage et, si j’ai largement profité de mon petit séjour ici, j’étais rassasié et moins en recherche d’aventures.